Le spot radio se déroule ainsi :
Fils : « Mamoun, on regarde un truc ce soir ? »
Femme : « Ah oui, quoi ? »
Fils : « Tu vas aimer. C’est onze mecs super musclés qui font le show en mini short. »
Femme : « Mmm, comme un boys band quoi ? »
Fils : « Oui, comme un boys band. Et tu verras, ils ont plein de fans et tout le monde chante à fond. »
Femme : « Ah oui, et c’est quoi ? Ils chantent quoi ? »
Fils : « Allez les Belges, allez les Belges. »
Femme : « Ooh, t’es con. »
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Le plaignant a souligné qu’à la fin du spot, la mère traite son fils de « con » - un mot vulgaire, qui désigne le sexe féminin, donc sexiste aussi. Il n'aimerait pas que ses enfants utilisent ce mot.
L’annonceur a communiqué que dans ce spot radio, un fils essaye de convaincre sa mère de regarder le football à la télévision en lui faisant croire qu’il a trouvé quelque chose qui pourrait lui plaire pour la soirée. Ce n’est que quand le fils révèle à sa mère ce que les fans chantent qu’elle comprend que le programme en question est un match de football. Elle lui rétorque alors avec un ton amusé « oh t’es con ».
Le mot « con » est selon lui très communément utilisé dans le langage courant et le grand public y est confronté en permanence que ce soit au cinéma, dans la littérature, dans la chanson et même à la télévision. Ce mot a d’ailleurs sa place au dictionnaire. On ne peut donc pas parler ici de vocabulaire ordurier qui serait de nature à choquer le grand public. En outre, il est encore adouci par l’intonation amusée de la mère qui se rend compte que son fils lui fait une blague.
L’annonceur est également d’avis qu’il est indiscutable que, dans ce spot radio, le mot « con » ne désigne pas le « sexe féminin » comme le plaignant le souligne. En effet, il n’est pas utilisé et ne peut être interprété dans son usage ancien. Il est compris dans son sens figuré et populaire qui désigne une personne stupide, naïve dans un sens atténué, voir même amical. Par conséquent, il est d’avis que la publicité n’est pas sexiste.
Compte tenu de ce qui précède, il estime que le spot radio n’est pas contraire aux normes de décence couramment admises et est d’avis qu’il ne viole aucune disposition légale ou autodisciplinaire.
Le Jury a pris connaissance du spot radio où on entend un fils essayer de convaincre sa mère de regarder le foot et la mère lui répliquer « Oh, t’es con », le tout sur un ton amusé.
Il a également pris connaissance de la plainte selon laquelle le mot « con » désigne le sexe féminin et serait donc sexiste.
Le Jury est cependant d’avis qu’il s’agit simplement ici d’une manière pour la mère de s’adresser à son fils sur un ton familier alors qu’il vient d’essayer de la duper et que la réplique en question ne risque donc pas d’être perçue par le consommateur moyen dans le sens que lui donne le plaignant.
Selon lui, dans ce contexte, ce mot n’est pas utilisé en tant qu’injure ou insulte.
Le Jury est par ailleurs d’avis que l’expression en question est fréquemment utilisée dans le langage courant et n’est pas de nature à choquer le grand public ni à causer un dommage mental ou moral aux enfants.
Compte tenu de ce qui précède, le Jury a estimé que la publicité concernée n’est pas contraire aux normes de décence couramment admises.
Il a également estimé que la publicité en question ne témoigne pas d’un manque de juste sens de la responsabilité sociale dans le chef de l’annonceur.
A défaut d’infractions aux dispositions légales ou autodisciplinaires, le Jury a estimé n’avoir pas de remarques à formuler sur ce point.
A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.
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