Sur la page Facebook de « Moules Frites », sous le texte « Moules Frites c’est la première chaîne digitale de vidéos et podcasts 100% consacrée à la santé sexuelle », une vidéo met en scène différents jeunes qui présentent la chaîne.
Textes et voix : « Coucou toi, t’as déjà entendu parler de Moules Frites ? Moules Frites ? (GIFs d’une fillette et ensuite d’un homme l’air étonné et de ne pas savoir de quoi on parle.) Qu’est-ce que c’est ? La première chaîne belge de vidéos et de podcasts en santé sexuelle ! Ah ouais ?! Aujourd’hui, c’est compliqué de trouver des infos fiables et de qualité sur la santé sexuelle. Donc, si tu te poses des questions sur le plaisir, la contraception, le consentement, les relations, bref la sexualité au sens large ? Moules Frites te donne un max d’infos. Moules Frites c’est aussi des reportages, des interviews, des tutos, des jeux, … Ici, pas de complexes ! Ambiance chill, zéro tabou et un humour bien de chez nous. (Plusieurs GIFs dont un d’une fillette qui sourit.) En plus, sur Moules Frites tout est fait par les jeunes et pour les jeunes. Et ouais ! C’est nous qui choisissons les sujets en fonction de ce qui nous intéresse, et des questions qu’on se pose. Retrouve-nous sur YouTube, Instagram, Facebook, TikTok et même Spotify, Deezer ou encore Google Podcast. Moules Frites ! Abonne-toi ! »
La plaignante s’est référée à une vidéo sur la page Facebook de « Moules Frites ». Elle trouve personnellement cette initiative très positive mais elle est choquée par des images d’enfant dans la publicité de lancement. Selon elle, « Moules Frites » s’adresse à des jeunes et des adolescents, et des images d’enfants n’ont absolument rien à faire dans cette publicité. A ses yeux, c’est faire l’apologie de la pédophilie, c’est comme si on disait « oui, c’est normal qu’un enfant de six ans ait la même sexualité qu’un adulte ». Elle a enfin communiqué que même si ce sont des GIFs très connus, un GIF d’adulte aurait mieux convenu.
L’annonceur a communiqué qu’O’YES (Organization for Youth Education & Sexuality – anciennement SIDA’SOS) est une asbl créée par des jeunes et pour les jeunes en 2009. Elle est active dans le domaine de l’éducation et de la promotion de la santé et a pour mission de sensibiliser les jeunes à la santé sexuelle via l’éducation par les pairs afin de changer les mentalités et d’améliorer les comportements sur le long terme.
L’annonceur a ensuite fait valoir plusieurs arguments pour démontrer que la plainte selon laquelle aucun enfant ne devrait être présent dans des vidéos parlant de sexualité est injustifiée.
Premièrement, cette vidéo en question n’est pas une publicité selon lui et elle ne parle pas de “sexualité” à proprement parler. C’est une vidéo explicative du projet Moules Frites, une chaîne où les jeunes peuvent aborder les questions relationnelles, affectives et sexuelles sans tabou et avec bienveillance. Aucun contenu qui pourrait être inconfortable pour des enfants n’est donc mentionné.
Deuxièmement, cette vidéo a été créée par les jeunes volontaires de O’YES et il est donc assez logique qu’ils aient utilisé les codes de communication qui leur parlent. Les deux enfants en question sont représentés dans ce qu’on appelle des GIFs dont l’utilisation échappe aux droits d’auteurs. Liés à la culture populaire sur internet, les GIFs sont donc un moyen de communication apprécié et très souvent utilisé par les jeunes. C’est dans ce sens que de nombreux internautes ont réagi au commentaire de la plaignante, pour soutenir le projet Moules Frites et souligner le caractère infondé de l'accusation.
Troisièmement, de nombreux organismes de référence qui soutiennent l’asbl, tels que Child Focus, la DGDE (délégué général aux droits de l’enfant) ou encore les différents ministres ont tous validé la vidéo. Suite à la plainte, l’annonceur a sollicité Child Focus, organisme de référence en matière de défense des droits de l’enfant, qui a remis un avis positif sur cette vidéo en disant qu’elle ne posait aucun souci et ne devait en aucun cas être modifiée.
L’annonceur a enfin communiqué qu’il est surpris quand la plaignante évoque « l’apologie de la pédophilie » et est très dérangé par cette accusation très grave et totalement infondée. Pour rappel, l'apologie de la pédophilie est l'ensemble des actions, écrits et prises de position visant à faire accepter socialement la pédophilie ou à en faire l'apologie. Le projet Moules Frites n’encourage absolument pas les rapports sexuels entre enfants et adultes et les condamne fermement. Il a justement pour objectif d’informer et de sensibiliser pour permettre à chacun et chacune de connaître ses droits et être ainsi acteurs et actrices de sa propre santé.
L’annonceur estime donc que cette plainte est injustifiée et qu’elle fait beaucoup de tort à un projet qui démarre à peine et qui a pour objectif de renforcer l’empowerment des jeunes belges.
Le Jury a pris connaissance de la vidéo en question et de la plainte qui la concerne.
Tout d’abord, il est d'avis que cette vidéo annonce le lancement de la chaîne en question et en fait la promotion et il considère donc qu’il s’agit d’une publicité dont l’examen du contenu relève bien de sa compétence.
Ensuite, il a constaté que les GIFs d’enfant dans la vidéo auxquels la plaignante se réfère évoquent respectivement l’étonnement et l’humour mentionné pour illustrer les propos de jeunes qui présentent la chaîne.
Selon lui et comme le confirme l’annonceur, les GIFs en général sont très populaires sur internet et sont un moyen de communication très apprécié et très souvent utilisé par les jeunes notamment.
Avec l’annonceur, le Jury est également d’avis que la vidéo ne contient pas d’éléments visuels ou textuels qui pourraient être inconvenants pour des enfants.
Selon lui, la vidéo n’évoque aucunement les relations sexuelles avec les enfants et donc ne les banalise pas non plus ni ne les cautionne.
Il a dès lors estimé que la vidéo n’est pas de nature à causer un préjudice mental ou moral aux enfants et ne témoigne pas d’un manque de juste sens de la responsabilité sociale de la part de l’annonceur.
Le Jury est également d'avis que l’interprétation de la plaignante, à savoir que l’utilisation d’images d’enfant dans la vidéo en question constitue une apologie de la pédophilie, relève de sa seule opinion et n’est pas partagée par le grand public.
Le Jury a dès lors déclaré la plainte non fondée.
A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.
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