Le post contient une photo de l’appareil promu et en dessous, la mention « Adoucisseur d’Eau sans Sel. Découvrez les avantages de notre adoucisseur d'eau au CO2 alimentaire » et le logo Hydrokube.
Le plaignant a communiqué que le mot adoucisseur est trompeur car un adoucisseur enlève complètement le calcaire de l'eau (magnésium et calcium) alors que le traitement par CO2 ne le fait pas.
L’annonceur a tout d’abord clarifié la définition du terme ‘adoucisseur’ dans le contexte de son entreprise et de sa communication grand public. Lorsqu’il fait référence à un ‘adoucisseur au CO2’, il désigne un système de traitement de l'eau spécialement conçu pour neutraliser le calcaire, similairement aux adoucisseurs traditionnels au sel, mais en utilisant du CO2. Il s’adresse à un large public, la plupart des individus ne faisant pas la distinction précise entre un adoucisseur et un anticalcaire. Il a souligné, exemples de communications à l’appui, que le terme ‘adoucisseur’ est couramment utilisé dans la profession pour décrire cet appareil ou système destiné à traiter le calcaire de l'eau, que ce soit par l'utilisation de sel ou de CO2.
Il a communiqué que cette technologie Hydrokube a été validée par Test-Achats à travers le laboratoire de Buldwise, un prescripteur de normes dans le bâtiment, et que la conclusion du test était la suivante : « Efficacité : Très bonne ». Selon lui, il ne trompe donc pas le client quant à la finalité de l’appareil et ce que recherche l’utilisateur. Tout comme l’adoucisseur d’eau utilisant du sel était initialement appelé ‘filtre adoucisseur d’eau’ par plusieurs marques, le terme ‘filtre’ a disparu après plusieurs décennies, sans pour autant que cela ne trompe le client sur la nature de l’appareil. En revanche, les adoucisseurs au CO2 ne sont pas des filtres. Ainsi, on pourrait utiliser ‘filtre adoucisseur d’eau’ ou ‘adoucisseur d’eau à résine’ pour définir les traitements au sel et ‘adoucisseur au CO2’ pour définir ses appareils. D’autres, comme Test-Achats, parlent de ‘traditionnel adoucisseur à sel’, ‘d’adoucisseurs à résine échangeuse d’ions (à sel)’ et ‘d’adoucisseur alternatif’ pour désigner ce qui fonctionne sans sel ou plus tard ‘d’anticalcaire sans sel’, sous-entendu qu’il y a d’autres adoucisseurs que le sel ou des anticalcaires avec sel. Les deux termes, adoucisseur et anticalcaire, se chevauchent clairement. L’annonceur a ensuite communiqué que l'usage des mots est souvent le reflet d'une évolution de la société et qu’il n'est pas possible d'imposer une utilisation spécifique des termes ; on ne peut que suivre le courant de cette évolution et utiliser le terme générique qui correspond à l’usage courant du mot tout en s’assurant que le lecteur sache que l’on parle d’appareil pour traiter le calcaire dans l’eau de distribution (adoucisseur) et par exemple pas d’un produit pour nettoyer les sanitaires (anticalcaire).
Cela étant dit, avec l'avènement des adoucisseurs au CO2, la mesure d’efficacité au travers de la dureté (*F) est complétée par une évaluation du potentiel hydrogène (pH) de l'eau, reflétant ainsi une évolution dans les méthodes de contrôle de la qualité en fonction de la technologie, et donc également une évolution dans la façon d’appréhender le terme adoucisseur. Cette transition démontre selon lui un changement induit par l'innovation technologique, où la notion ancestrale de dureté, bien que toujours pertinente dans le domaine, n'est plus nécessairement la norme exclusive.
L’annonceur a ajouté que les termes ‘adoucisseur d’eau’ et ‘adoucisseur au CO2’ sont utilisés depuis 15 ans pour désigner des appareils de traitement d’eau au CO2. Il s’agit donc d’une pratique usuelle et bien implantée, témoignant de l'évolution de la signification des mots et de la communication à la suite de l'introduction d'une nouvelle technologie.
À sa connaissance, cela n’a pas porté préjudice aux milliers de clients cherchant ou disposant d'un adoucisseur en Europe.
Dans sa communication, il prend également grand soin d'indiquer clairement l'utilisation du CO2 et l’utilisation sans sel, ce qui démontre selon lui sa volonté de ne pas tromper son audience et de souligner qu'il s'agit d'une technologie différente.
Bien que le processus de neutralisation du calcaire puisse différer, l'objectif principal reste néanmoins le même : réduire la formation de dépôts de calcaire dans les installations de plomberie et les appareils ménagers, préservant ainsi leur efficacité et prolongeant leur durée de vie.
L’annonceur a précisé que son appareil transforme le calcaire (carbonate de calcium) en un autre produit, l’hydrogénocarbonate de calcium ou le bicarbonate de calcium, 70 fois plus soluble que le calcaire et dont la formule chimique diffère de celle du calcaire. De façon équivalente, les adoucisseurs au sel transforment le calcaire en un carbonate de sodium qui diffère également de la formule du calcaire. L'évolution du marché des adoucisseurs d'eau vers ceux utilisant le CO2 répond à une demande croissante des consommateurs pour des technologies écologiques et innovantes.
L’annonceur a enfin communiqué que les adoucisseurs au CO2 contribuent à préserver la qualité de l'eau et à réduire les déchets toxiques, ce qui va dans le sens d’une réduction de l’empreinte écologique et ce qui suscite la contrariété de nombreux concurrents. A cet égard, il s’est référé à la communication d’un concurrent qui utilise sa marque Hydrokube pour promouvoir ses adoucisseurs d’eau (au sel).
Par conséquent, l’annonceur maintient que l'utilisation du terme ‘adoucisseur’ pour décrire son produit au CO2 est appropriée et conforme à son fonctionnement et à son objectif, et qu’elle reflète et est l’application d’une évolution dans la communication usuelle.
Le Jury a pris connaissance de la publicité avec la mention « Adoucisseur d’Eau sans Sel. Découvrez les avantages de notre adoucisseur d'eau au CO2 alimentaire » et de la plainte à son égard, selon laquelle le mot adoucisseur serait trompeur.
Suite à la réponse de l’annonceur, le Jury a pris note des différents éléments avancés par ce dernier pour démontrer que le terme adoucisseur au CO2 est utilisé depuis longtemps dans la profession pour désigner des appareils de traitement d’eau au CO2, et résulte d’une évolution de langage qui mène à un terme générique que l’annonceur juge approprié pour décrire son produit dont l’objectif pour le grand public est de neutraliser le calcaire dans l’eau de distribution.
Le Jury est d’avis que, dans le langage courant, la dénomination ‘adoucisseur’ ne se limite pas aux adoucisseurs utilisant du sel, et que dans l’esprit du consommateur moyen qui cherche un adoucisseur, le but principal est de prévenir la formation de dépôts de calcaire en vue notamment de prolonger la vie des appareils électroménagers, ce qui correspond aussi au fonctionnement des appareils utilisant du CO2 et non du sel.
Il est donc d’avis que l’utilisation du terme ‘adoucisseur’ dans cette publicité ne crée pas de confusion dans le chef du consommateur moyen, d’autant plus qu’il y est précisé qu’il s’agit d’un adoucisseur sans sel, au CO2.
Le Jury a dès lors estimé que la publicité concernée n’est pas de nature à induire le consommateur moyen en erreur sur ce point.
A défaut d’infractions aux dispositions légales ou autodisciplinaires, le Jury a estimé n’avoir pas de remarques à formuler sur ce point.
A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.
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