La photo publicitaire sur la page d’accueil du site du programme, ‘M!LF’ montre deux hommes complètement habillés et entourés par trois femmes en bikini.
La publicité pour M!LF est vulgaire et immorale. La manière de montrer les femmes est d’un niveau extrêmement bas et instrumentalise énormément les femmes.
Des images il ressort clairement que les femmes présentes n’ont ou ne veulent pas avoir leur propre personnalité, elles ne servent qu’à souligner la masculinité prétendue des présentateurs.
En outre le message derrière le « male liberation front » est incorrect. Il est présenté comme si la libéralisation des femmes était déjà derrière le dos et même comme si elle avait dépassé les limites, provoquant le fait que tous les hommes ont été « émasculés » et qu’ils doivent maintenant être libérés. La réalité est que les hommes gagnent toujours plus que les femmes, aident peu dans le ménage et l’éducation des enfants et que la violence envers les femmes est encore très fréquente.
Un pareil programme aide à perpétuer le sexisme en influençant la réalité: d’un coup se sont les pauvres hommes qui sont opprimés. Que les créateurs aient eu l’intention de « rigoler » ou non n’y change rien, l’effet reste le même: la diffusion de clichés, stéréotypes et l’oppression des femmes afin de les garder inférieures aux hommes.
Cette publicité est également dénigrante pour les hommes: on prescrit des codes de conduite auxquels les hommes doivent répondre et ceux-ci sont très restreints et limitatifs et ils ne laissent pas de marge pour la vérité et l’humanité. Le programme n’est pas seulement inutile, il est en outre dénigrant autant pour les hommes que pour les femmes, sexiste et instrumentalisant.
L’annonceur a communiqué que comme la plainte concerne le site web du programme « M!LF », il explique d’abord le but du programme. Le programme en question est un programme comique.
Le but du programme est de se moquer du « nouvel homme ». De manière ludique et créative, les présentateurs veulent transformer « les nouveaux hommes » en de « vrais hommes » avec des candidats, sketchs, inventions, présentations de jeu et vox-pops. Le programma est également présenté ainsi dans les différents magazines de télévision et sur le site. Les présentateurs soulignent également l’humour dans des interviews.
Les goûts et les couleurs ne se discutent pas – et le programme connaît évidemment ses partisans et ses adversaires – mais il a récemment reçu une nomination pour un Vlaamse Televisiester dans la catégorie « beste comedy- en humorprogramma ».
L’annonceur a communiqué que le plaignant semble avoir spécifiquement visité le site du programme.
Le site informe les téléspectateurs intéressés par les nouvelles concernant le programme, leur donne la possibilité d’utiliser des applications interactives et leur donne la possibilité de regarder à nouveau quelques extraits. Les téléspectateurs peuvent également télécharger des wallpapers sur le site, qui peuvent être utilisés comme fond d’écran ou de gsm.
De plus, il n’est pas clair pour l’annonceur si la plainte relative au nom du programme, aux photos et au spot ne concerne pas plutôt le contenu de ce site – ou le programme – et donc le contenu rédactionnel. L’annonceur a communiqué que le plaignant indique à la fin de sa plainte que la plainte concerne le contenu du programme.
Malgré cette observation, l’annonceur est d’avis qu’il n’y a pas de violation de la législation relative à la publicité ou des codes autodisciplinaires.
Le but, les extraits et les spots sur le site sont tout à fait en ligne avec le programme. Il a le même ton « over the top » que le programme. Le site montre des photos et des extraits du programme. Les femmes qui se trouvent sur la page d’accueil du site sont également les femmes qui figurent dans le programme, avec les mêmes vêtements.
On n’utilise d’aucune manière une représentation du corps humain pour un produit qui n’est pas lien avec celui-ci. Ce qu’on voit dans le programme, on peut le voir aussi sur le site.
Et malgré que des femmes soient en effet montrées dans un top et un pantalon court, les vêtements qu’elles portent également dans le programme, on surveille que ceci aille dans le contexte et ne verse en aucun cas dans des images pornographiques.
Le programme montre tout ceci de manière humoristique.
Le site web n’incite pas les hommes à opprimer les femmes. L’annonceur est d’accord avec le plaignant que le site est « plein de stéréotypes », mais ceci est en général la base de l’humour.
A partir du moment où on rigole du comportement soi-disant stéréotypé des hommes dans leur relation avec les femmes – où on tient plutôt un miroir devant les hommes – il est très clair que ceci est, tout comme le programme, vu comme une blague.
L’humour est un but en soi.
Le Jury a constaté que la plainte concerne le contenu du site de M!LF d’une part et le programme d’autre part.
Le Jury attire l’attention sur le fait que concernant les sites, sa compétence se limite au contenu publicitaire. En ce qui concerne les programmes, le Jury n’est pas compétent.
Le Jury a constaté que le site en question est en ligne sur le plan du contenu avec le contenu du programme en question et constitue dès lors un prolongement du programme.
Le Jury a constaté que les images sur le site font partie du contenu éditorial de ce site.
Vu que le JEP est seulement compétent pour le contenu publicitaire et non pour le contenu éditorial des sites et que le Jury n’est pas non plus compétent pour les programmes télévisés, le Jury s’est déclaré incompétent dans ce dossier.
A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.
Rue Bara 175, 1070, Bruxelles, Belgique.
E-mail: info@jep.be
Tel: +32 2 502 70 70
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