Les spots en néerlandais pour le Vikinglotto montrent une animation d’une cible de lancé de hache avec le texte “Nu woensdag jackpot van 3 miljoen €” où à droite et à gauche une hache est lancée, avec le texte parlé suivant :
Version de 6 secondes :
VO: “Vikinglotto. Er is nu woensdag een jackpot van 3 miljoen euro.”
Version de 15 secondes :
VO: “Speel Vikinglotto, het nieuwste trekkingspel van de Nationale Loterij. Nu met de grootste kans op winst. Er is nu woensdag een jackpot van 3 miljoen euro. Speel Vikinglotto online en vanaf nu ook in je krantenwinkel en tankstation.”.
Le spot pour Win for Life montre un homme et une femme, d’abord dans leur chambre, avec l’homme au lit et la femme devant le miroir, et ensuite le même couple dans un lieu de vacances ensoleillé où ils font des exercices dans une piscine avec des clients plus âgés de l'hôtel, avec le texte parlé suivant :
Femme: “Schatteke, ik word oud.”
Homme: “Maar nee.”
Femme: “Maar ja.”
Homme: “Mm, pakt uw valies.”
Homme: “Zie ne keer hoe jong dat ge zijt.”
Femme: “Ja, ’t is echt.”
Femme 2: “Zalig eh.”
VO: “’t schoon leven met Win for Life. Win tot 5000 euro per maand voor de rest van je leven.”.
La plaignante a vu les spots sur GoPlay alors qu'elle regardait le programme wtFOCK : ADA. Elle a fait valoir que ce programme est principalement destiné aux mineurs et il ne lui semble pas approprié que cette publicité soit diffusée à ce moment-là.
L'annonceur a communiqué qu'en tant que fournisseur professionnel et socialement responsable de jeux, sa tâche est de canaliser les joueurs existants de loterie et de jeux de hasard vers ses jeux de loterie caractérisés par un faible risque de comportement de jeu problématique. Un jeu de loterie est essentiellement un jeu de groupe auquel participe un grand nombre de joueurs qui misent chacun individuellement un petit montant. À cet égard, un jeu de loterie diffère d'un jeu de hasard auquel un joueur participe individuellement par rapport au fournisseur du jeu. Cette caractéristique essentielle fait qu'il doit s'adresser à une large population dans sa communication et qu'il n'approche par exemple pas des joueurs intensifs pour les inciter à jouer davantage ou à jouer des montants plus élevés. Sa mission est de proposer des jeux récréatifs, mais aussi de protéger les groupes vulnérables, tels que les mineurs. Il veille avec la plus grande attention à ce que les mineurs ne soient pas incités à jouer et à ce qu'aucune publicité ne soit faite dans des médias ou supports publicitaires connus pour cibler exclusivement les mineurs.
C'est précisément pour cette raison qu'il regrette qu'une campagne publicitaire pour Vikinglotto et Win for Life sur la plateforme GoPlay ait suscité une réaction négative. Il a communiqué que l'accès à la plateforme GoPlay (plateforme de streaming en ligne de l'entreprise de médias Play Media) se fait par le biais d'un compte personnel avec un système de login personnel pour lequel il y a un âge minimum pour créer un compte et accéder au contenu de la plateforme.
La plateforme GoPlay propose de nombreux programmes avec un large public de téléspectateurs et la plateforme ne peut pas être considérée en tant que telle comme une chaîne qui ciblerait exclusivement les mineurs. Toutefois, elle diffuse actuellement deux séries destinées aux adolescents, "wtFOCK" et "Love Tips". Il note qu'en regardant un de ces programmes - ou avant de le regarder - la personne qui a déposé la plainte a vu une publicité pour Vikinglotto et Win for Life.
L'annonceur a fait valoir qu'il était clairement convenu avec ses agences de publicité que ses campagnes de marketing en général et sur les canaux digitaux de distribution en ligne ne peuvent jamais viser les mineurs. Dans le cas de la plateforme GoPlay, il a même explicitement stipulé que le groupe cible sociodémographique devait être âgé de plus de 24 ans.
Les campagnes sur la plateforme GoPlay dépendent de la technologie sous-jacente utilisée dans le monde numérique en ligne, à savoir la publicité programmatique, c'est-à-dire la publicité en ligne qui est ajoutée, réservée, livrée, analysée et optimisée par le biais d'interfaces logicielles et d'algorithmes du côté de la demande, c'est-à-dire du téléspectateur. Cette technologie automatise donc le placement des publicités en fonction de critères prédéterminés. Le fait qu'un téléspectateur voie une publicité donnée est en partie déterminé par son profil. Les propriétaires d'un compte sur la plateforme GoPlay qui sont mineurs ne seront pas confrontés à la publicité pour Vikinglotto ou Win for Life. Toutefois, cette mesure de protection peut être contournée si les titulaires d'un compte ont indiqué un âge incorrect ou s'ils utilisent un compte adulte. Malheureusement, en tant qu'annonceur, il dépend ici d'un comportement qu'il ne peut pas contrôler. Néanmoins, il profitera de cette affaire pour être encore plus vigilant à l'avenir et pour convenir de conditions plus strictes en fonction des possibilités technologiques afin d'éviter au moins certains programmes en plus de la vérification d'âge via le profil du propriétaire du compte.
L'annonceur est donc d'avis qu'il a pris les mesures nécessaires pour respecter le Code de publicité éthique et responsable et qu'il n’a pas commis d’infraction. Néanmoins, il poursuivra ses efforts pour protéger les groupes vulnérables et envisagera certainement de se conformer à des règles plus strictes si cela est technologiquement possible.
Le Jury a pris connaissance des spots TV en question et de la plainte qui s'y rapporte et qui concerne notamment le fait que ces spots ont été montrés lors de la diffusion en streaming du programme wtFOCK : ADA sur GoPlay.
Suite à la réponse de l'annonceur, il a entre autres noté que l'accès à la plateforme de streaming concernée se fait par le biais d'un compte personnel et que cette plateforme propose de nombreux programmes avec un large public de téléspectateurs, dont seulement deux séries pour adolescents. Sur la base de son plan média, l'annonceur a également fait valoir que pour les campagnes sur cette plateforme, il a expressément stipulé que le groupe cible sociodémographique devait être âgé de plus de 24 ans, mais que de telles campagnes dépendent de la technologie sous-jacente utilisée dans le monde numérique en ligne, à savoir la publicité programmatique, où le fait qu'un téléspectateur voie une publicité donnée est en partie déterminé par le profil (d'âge) du téléspectateur.
Le Jury a examiné ce dossier à la lumière des dispositions pertinentes du Code de publicité éthique et responsable de la Loterie Nationale, en particulier l'article XV qui stipule que la publicité pour les jeux de loterie ne peut pas être diffusée dans des médias ou des supports publicitaires qui s'adressent uniquement aux mineurs d'âge, et l'article XIV, qui stipule que la publicité pour les jeux de loterie ne peut pas encourager les mineurs d'âge à jouer ou faire croire que les mineurs d'âge peuvent jouer et ne peut pas cibler les mineurs d'âge ou mettre en scène dans des publicités des personnes qui sont ou paraissent être des mineurs d’âge jouant à un jeu de loterie.
Or, à la lumière de ce qui précède, le Jury est tout d'abord d'avis qu'il ne s'agit pas en l'espèce d'un média qui s'adresse uniquement aux mineurs d'âge au sens de la disposition précitée et il a de plus noté que dans le cas de la plateforme concernée, l'annonceur a stipulé dans son plan média que le groupe cible sociodémographique devait être âgé de plus de 24 ans, compte tenu des profils des titulaires de compte.
Selon le Jury, il n'y a pas d'infraction à l'article XV précité du Code de publicité éthique et responsable de la Loterie Nationale.
Il est ensuite d'avis que le contenu des spots concernés n'est pas non plus de nature à attirer spécifiquement les mineurs d'âge et que ni le graphisme, ni le langage, ni le scénario ne visent ce groupe cible.
Le Jury a dès lors estimé que les spots concernés ne sont pas non plus contraires à l'article XIV précité du Code de publicité éthique et responsable de la Loterie Nationale.
Le Jury a dès lors estimé n'avoir pas de remarques à formuler sur ces points.
A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.
Rue Bara 175, 1070, Bruxelles, Belgique.
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