Adverteerder / Annonceur: GAIA
Product-Dienst / Produit-Service: Campagne de sensibilisation sur l’expérimentation animale
Media / Média: TV
Beschrijving van de reclame / Description de la publicité
Le spot montre un homme qui arrive dans une pièce blanche avec, successivement, une batte de baseball, une tasse de café et une chaussure, qu’il fait mine de lancer sur un chien de race beagle qui recule devant lui. On voit ensuite quelqu’un en blouse blanche avec une main gantée qui tient une seringue et s’approche du chien. Il lui met ensuite un tube en bouche. On voit également une gamelle avec de la nourriture recouverte d’une substance verte, que le chien vide. La personne prend ensuite le chien pour le mettre dans une cage. Enfin, le chien joue avec une balle orange dans la pièce blanche.
Voix off : « Si un animal est maltraité cela entraine heureusement de lourdes sanctions. Frapper un chien, le brutaliser, le traumatiser, c’est de la maltraitance. Mais lui injecter des substances toxiques, lui enfoncer un tube dans l’estomac, empoisonner sa nourriture, n’est-ce pas de la maltraitance ? La maltraitance reste de la maltraitance. Même dans un laboratoire. Mettons fin à l’expérimentation animale. GAIA. »
Le spot se termine avec le logo de l’annonceur et la mention « Plus d’infos : testssuranimaux.be ».
Klacht(en) / Plainte(s)
La plaignante se réfère au spot où on voit des chiens beagles être malmenés et où une voix off interpelle le téléspectateur sur la maltraitance animale.
Selon la plaignante, cette publicité fait l’amalgame entre maltraitance animale et expérimentation animale via un vulgaire sophisme. La voix off joue sur la corde sensible et l’émotionnel afin de convaincre l’auditeur de prendre le parti de Gaia, et cela, sans argumentation scientifique valable sur la réalité de l’expérimentation animale, faisant des raccourcis grossiers et honteux.
Beslissing Jury in eerste aanleg: Geen opmerkingen
Décision Jury de première instance: Pas de remarques
Le Jury d’Ethique Publicitaire (JEP) de première instance a pris la décision suivante dans ce dossier.
Le Jury a pris connaissance du spot qui montre un chien de la race beagle et suggère d’abord des actes de maltraitance pour montrer ensuite des actes posés dans le cadre de la recherche scientifique. Il note que le spot renvoie pour plus d’informations au site web testssuranimaux.be et que le spot s’inscrit dans une campagne de sensibilisation portant sur l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques.
Il examine dès lors le spot à la lumière des Règles du JEP en matière de publicité non commerciale.
Selon le Jury, il est clair que le spot TV en question émane d’une association de défense des animaux bien connue et que le consommateur moyen comprend que cette association prend ainsi position dans un débat public qui fait par ailleurs l’objet d’une attention politique et citoyenne croissante: celui du remplacement de l’utilisation d’animaux dans le cadre de la recherche scientifique.
Suite à la réponse de l’annonceur, le Jury note que celui-ci a veillé à ce que les actes mis en scène dans le spot correspondent factuellement à des pratiques effectivement rencontrées dans le cadre de la recherche scientifique ou des tests de toxicité sur animaux. Il constate également que le site référencé contient des sources documentaires, notamment vers des rapports européens et des publications scientifiques.
Le Jury est dès lors d’avis que le spot vise essentiellement à sensibiliser les consommateurs et n’est pas de nature à les induire en erreur ou à créer un amalgame trompeur entre maltraitance et expérimentation animale. Sur la base des éléments communiqués par l’annonceur, le Jury considère que le spot TV ne suggère notamment pas que les tests sur animaux constitueraient une pratique illégale mais met en avant que le cadre légal existant ne permet pas pour autant d’éviter la maltraitance des animaux au sens où l’entend le dictionnaire de l’Académie française et la définition légale belge de l’expérience sur animaux.
Dans ce contexte, le Jury estime qu’il est légitime que la voix off qualifie de maltraitance l’utilisation d’un animal à des fins scientifiques lorsqu’elle est susceptible de lui causer de la souffrance.
Il considère néanmoins qu’il ne s’agit pas d’une communication stigmatisante ou dénigrante contre des chercheurs, des laboratoires ou des institutions spécifiques, ni d’une accusation générale gratuite.
Concernant le point de la plainte évoquant le fait de jouer sur l’émotionnel, le Jury estime que le concept de la communication présente un lien direct avec le message à transmettre et la finalité recherchée par la campagne et présente également une proportionnalité avec le but de sensibilisation recherché par l’annonceur. A ses yeux, le spot visé ne contient pas d’images violentes ou difficilement soutenables.
Dans ce contexte, le Jury estime notamment que la publicité n’est pas de nature à causer aux enfants un dommage sur le plan mental ou moral.
A défaut d’infractions aux dispositions légales ou autodisciplinaires, le Jury a estimé n’avoir pas de remarques à formuler sur ces points.
Veuillez noter que cette décision ne devient définitive qu’après l’expiration du délai d’appel.