Une femme entre dans le magasin de l’annonceur. Elle flotte à travers les rayons entièrement décorés pour Noël, tandis que le personnel danse autour d’elle en lui présentant des plateaux avec toutes sortes de gourmandises de fête. Elle retourne ensuite dans la voiture où son partenaire l’attendait avec leur enfant. Il lui demande : « Mais tu as traîné où ? » et la femme regarde rêveusement au loin en souriant.
Le plaignant communique qu’il s’agit d’une caricature de machisme, c’est la femme qui fait les courses pendant que Monsieur l'attend impatiemment dans sa voiture. Quand elle rentre dans la voiture, il lui demande agressivement où elle a « traîné » ! Il trouve que l'utilisation du verbe traîner est du même acabit que « tu n'es qu'une traînée ».
L’annonceur communique que l’objectif du spot est avant tout de mettre en avant l’expérience shopping qu’il propose comme une parenthèse gourmande et relaxante dans le quotidien chargé des familles. La scène repose sur un ton léger et humoristique, sans volonté de dénigrer ou de stigmatiser un genre en particulier. Elle ne vise pas à suggérer une répartition traditionnelle ou inégalitaire des tâches domestiques, mais à illustrer une situation familiale reconnaissable, sans aucune intention discriminatoire.
Il ajoute que la publicité ne cherche pas à attribuer un rôle social fixe aux femmes ou aux hommes. Au contraire, le message est que quel que soit le genre de la personne qui effectue les courses, l’expérience client peut être vécue de manière positive. Afin d’éviter toute interprétation univoque, il a d’ailleurs produit une version plus courte où c’est l’homme qui effectue les courses.
Le Jury constate que le spot TV concerné montre une femme dans un magasin tandis que son partenaire l’attend dans la voiture et lui demande quand elle arrive : « Mais tu as traîné où ? ».
En ce qui concerne la réaction de l’homme, il note que la plainte assimile l'utilisation du verbe traîner à l’expression « tu n'es qu'une traînée » et fait état d’un ton agressif.
Cependant, le Jury est d’avis que, même si le ton utilisé par l’homme traduit son impatience suite à l’attente, il n’est pas de nature violente ni choquante, et que le verbe ‘traîner’ utilisé dans le spot TV ne comporte pas de connotation sexiste ou de sous-entendu méprisant.
Il note ensuite que dans le magasin où entre la femme, des hommes sont également occupés à faire les courses et que l’homme qui l’attend est resté dans la voiture avec un enfant.
Sur ce point, le Jury est d’avis que l’attitude de l’homme ne fait pas preuve de machisme et que la publicité ne sera pas perçue par le consommateur moyen comme suggérant une certaine répartition des rôles entre l’homme et la femme.
Il estime dès lors que la publicité ne contient pas de stéréotype allant à l’encontre de l’évolution de la société et n’est pas contraire aux Règles du JEP relatives à la représentation de la personne.
A défaut d’infractions aux dispositions légales ou autodisciplinaires, le Jury a estimé n’avoir pas de remarques à formuler sur ces points.
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