Les spots radio se déroulent ainsi :
Spot 1 :
Homme : « Bonjour, c’est Piotr Van Montague, archer paralympique et même sans mains je vise dans le mur. Mon handicap, ce sont vos mains, sauf si vous les utilisez pour venir m’applaudir. »
VO : « Venez supporter Paralympique Team Belgium aux Jeux Paralympiques de Paris 2024. En collaboration avec la RTBF. »
Spot 2 :
Femme : « Salut, c’est Léa Bayekula, athlète paralympique. Je suis peut-être en fauteuil roulant, mais je fonce vers la victoire. Mon handicap, ce sont vos jambes, sauf si vous les utilisez pour venir me voir. »
VO : « Venez supporter Paralympique Team Belgium aux Jeux Paralympiques de Paris 2024. En collaboration avec la RTBF. »
La plaignante a communiqué que les différentes versions de cette publicité se terminent par « mon handicap, ce sont vos mains » (ou vos pieds). Elle ne voit pas ce qu'on peut reprocher aux valides d'avoir des mains ou des pieds. Selon elle, il s’agit d’une culpabilisation inutile car le mal-être causé chez elle n'aidera personne, et non justifiée car il n'y a aucun lien de cause à effet entre le fait que certains ont des mains / des pieds et d'autres pas. Elle ne voit pas qui y gagne car cette culpabilisation va augmenter la distance entre les valides et les non-valides.
L’annonceur s’est référé au clip principal de sa campagne, dont les spots radio sont des déclinaisons, et a communiqué le contexte et l’explication de cette campagne en vue des Jeux paralympiques de Paris en ajoutant qu’il est correct qu’il interpelle le spectateur avec la phrase-clé mentionnée dans la plainte (« mon handicap ce sont vos jambes/mains/yeux ») pour lui faire prendre conscience que les déficiences physique, visuelle ou intellectuelle ne sont pas le principal frein des athlètes dans leur pratique du sport de haut niveau. C’est un fait constaté et partagé par sa Commission des Athlètes. Un des obstacles auxquels ils font face est souvent le fait d’être vu comme des « handicapés courageux parce qu’ils font du sport » et non comme des « personnes en situation de déficience faisant partie du top mondial dans leur discipline sportive ».
Il a ensuite précisé que, contrairement à l’affirmation de la plaignante, les spots ne se terminent jamais par le message qu’elle avance (« mon handicap, ce sont vos mains »). Il a justement souhaité systématiquement désamorcer ce sentiment de culpabilité et de situation sans solution en enchainant directement sur le fait que justement le spectateur est la solution plutôt que le problème. Et qu’il lui suffit d’utiliser ses yeux (pour regarder), mains (pour applaudir), jambes (pour venir supporter nos athlètes à Paris) pour être vecteur d’un changement car, oui, les Jeux paralympiques ont un impact sociétal en plus d’être un événement sportif.
De plus, cette phrase prise dans son entièreté « sauf si vous les utilisez… », ainsi que le message final « Supportez Paralympic Team Belgium aux Jeux paralympiques de Paris » lui semblent assez clairs pour que l’auditeur comprenne qu’il s’agit d’une métaphore, dans le but de rassembler les supporters autour des athlètes. Par ailleurs, il est évident que les jambes d’un supporter ne remplaceront jamais les jambes d’un athlète paraplégique…
Par son message, l’annonceur ne veut certainement pas opposer valides et moins valides. Il cherche au contraire à rapprocher ces deux mondes.
Il a communiqué que la campagne a été présentée à différents groupes de personnes et que son accueil a été très positif avec comme feedback principal que justement un bel équilibre avait été trouvé entre le besoin d’attirer l’attention sur le message et la facilité avec laquelle la solution était présentée au spectateur pour qu’il ne se focalise pas sur le mot handicap et comprenne qu’il s’agisse de second degré d’une part, et d’un message rassembleur plutôt que clivant d’autre part.
Enfin, cette campagne ne présente à ses yeux aucun caractère indécent, ni obscène. Elle ne tente aucunement d’exploiter une supposée comparaison péjorative entre les personnes en situation de déficience ou non. A l’inverse, il s’agit simplement d’une mise en évidence des capacités hors-normes des athlètes paralympiques.
Selon lui, cette campagne ne met en exergue ni infériorité, ni supériorité des personnes avec ou sans déficience, elle n’exploite également aucune forme de violence et elle met en exergue ses valeurs : intégrité, collaboration, passion, égalité et excellence.
Le Jury a pris connaissance de la plainte et des spots radio concernés.
Selon lui, la plainte résulte principalement d’une interprétation des publicités due à un manque de contexte et de clarté du texte des spots radio et il est d’avis que le consommateur moyen est également confronté à ce caractère peu clair du message clé des spots en question (« mon handicap ce sont vos jambes/mains/yeux »).
Suite à la réponse de l’annonceur, le Jury a en effet noté que les spots radio sont des déclinaisons d’un clip principal de la campagne qui interpelle le spectateur pour lui faire prendre conscience que les déficiences physique, visuelle ou intellectuelle ne sont pas le principal frein des athlètes dans leur pratique du sport de haut niveau mais bien le manque d'audience, de fans et d'attention et que la campagne invite donc à utiliser ses yeux (pour regarder), mains (pour applaudir), jambes (pour aller à Paris) dans le but de rassembler les supporters autour des athlètes.
Le Jury a également pris bonne note du fait que l’annonceur ne voulait pas opposer valides et moins valides mais au contraire rapprocher ces deux mondes.
Même si cette idée ne transparaît pas directement clairement des spots radio visés, le Jury est néanmoins d’avis que ceux-ci ne sont pas de nature à induire un sentiment de culpabilité ni à stigmatiser ou dénigrer un certain groupe de personnes.
Compte tenu de ce qui précède, le Jury a estimé que les publicités concernées ne sont pas contraire aux Règles du JEP en matière de représentation de la personne et ne témoignent pas non plus d’un manque de juste sens de la responsabilité sociale dans le chef de l’annonceur sur ces points.
A défaut d’infractions aux dispositions légales ou autodisciplinaires, le Jury a estimé n’avoir pas de remarques à formuler sur ces points.
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