VOO - 23/10/2017

Annonceur: 
VOO
Produit/Service: 
Pack One
Média: 
Télévision
Critères d'examen: 
Responsabilité sociale
Représentation de la personne/dignité humaine
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Informatique et télécommunication
Type de décision: 
Avis de réserve
Date de clôture: 
Lundi, 23 octobre 2017
Description de la publicité

Spot 1:

On voit un homme en gros plan.
Homme : « La vie, c’est pas facile. Moi, j’ai déjà fait 4 ou 5 burn-outs. J’ai fait par exemple le burn-out suédois. Tous ces meubles qu’on doit monter soi-même, ils sont de plus en plus compliqués. »
On voit l’homme essayer à deux reprises de monter une étagère qui s’écroule. À table, en toussant, il recrache une vis dans son assiette.
Homme : « J’ai fait le taxi burn-out. Celui-là, c’est parce que tu dois emmener tes gosses à toutes leurs activités et qu’il y en a tellement qu’à la fin tu mélanges tout et tu craques. »
On voit l’homme au bord d’un terrain de foot, encourager son fils en kimono qui fait une prise de judo à un coéquipier.
Homme : « Et là, je stresse à mort, je dois choisir un fournisseur pour la TV, l’internet, le téléphone fixe et mobile. Et toutes ces offres, là, c’est trop compliqué. »
L’homme est assis à son bureau devant un mur couvert d’offres commerciales.
VO : « Dites adieu au stress avec One, le nouveau pack all-in qui vous simplifie la vie. Et quelque chose de simple pour une fois, ça fait du bien. VOO, vous d’abord. »

Spot 2 :

On voit un homme en gros plan.
Homme : « La vie, c’est pas facile. Moi, j’ai déjà fait 4 ou 5 burn-outs. J’ai fait par exemple le burn-out du mot de passe. Il y en a de plus en plus, je peux pas les retenir. »
On voit l’homme en train de tondre et son fils qui vient lui demander le mot de passe pour commander des films. Il le cherche parmi tous les mots de passe écrits sur son corps, descend son pantalon et le trouve finalement sur le chien.
Homme : « Après, j’ai fait le burn-out du mariage. Vous avez déjà fait un plan de table ? C’est l’enfer. »
L’homme déroule un plan devant des personnes autour d’une table. À l’annonce de l’absence d’un oncle, tout le monde commence à parler et l’homme s’enfuit en passant en dessous de la table.
Homme : « Et là, je dois choisir un fournisseur pour la TV, l’internet, le téléphone fixe et mobile. Et toutes ces offres, là, c’est trop compliqué. »
L’homme est assis à son bureau devant un mur couvert d’offres commerciales.
VO : « Dites adieu au stress avec One, le nouveau pack all-in qui vous simplifie la vie. Et quelque chose de simple pour une fois, ça fait du bien. VOO, vous d’abord. »

Motivation de la plainte

1) Selon le plaignant, ce spot se moque des personnes souffrant d'un burn-out. Cette publicité fait souffrir les malades qui ont déjà beaucoup de difficultés à être reconnus, ainsi que leur entourage. La maladie est reconnue, alors comment accepter qu'elle soit ridiculisée et que les malades ne soient pas respectés ?

2) Le plaignant, qui a souffert d'un burn-out, est heurté qu'on puisse prendre cela à la légère dans une publicité comme si c'était une chose anodine. Le burn-out est une maladie, trop souvent ignorée et rarement prise au sérieux, et cette publicité ne va rien arranger.

3) Le plaignant, qui est atteint par cette maladie, ne comprend pas et est fâché qu’on puisse se moquer au sujet du burn-out et du suicide, puisque les deux vont ensemble selon lui.

4) Le plaignant trouve scandaleux de se moquer du burn-out dans cette publicité.

5) Selon le plaignant, la publicité minimise gravement la situation vécue par des milliers de Belges et est insultante et rabaissante.

Position de l'annonceur

L’annonceur a communiqué que le burn-out est généralement défini comme un état d’épuisement professionnel, résultant d’un stress professionnel chronique, lié notamment à une surcharge de travail ou à un trop plein d’informations professionnelles.

L’annonceur a sciemment décidé de situer ses saynètes dans la sphère privée, et non dans la sphère professionnelle, afin d’éviter de heurter les sensibilités des personnes victimes d’un « véritable » burn-out professionnel. Les saynètes mettent en effet en scène l’absurdité de certains aspects du monde moderne, qui peuvent générer du stress dans le cadre de situations relevant de la sphère privée.

Ces saynètes évoquent également la difficulté de faire un choix entre les nombreuses offres proposées par les différents opérateurs télécoms. Elles mettent en exergue la simplicité de la nouvelle offre qui combine l’abonnement à la téléphonie fixe, à la téléphonie mobile, à l’Internet et à la télévision, et qui permet donc à la personne qui choisit cette offre d’échapper à tout le stress, au trop plein d’informations, que peut générer la comparaison des différentes offres en présence sur le marché.

En conclusion, l’annonceur a souhaité illustrer différentes situations de la vie quotidienne potentiellement génératrices de stress d'une manière humoristique et a utilisé le terme « burn-out » afin de faire référence à l’état de stress et d’épuisement extrême que peuvent générer ces situations, mais n’a jamais eu ni l’intention ni l’impression de se moquer des personnes victimes d'un burn-out.

Décision du Jury

Le Jury a constaté que, dans le but de mettre en valeur la simplicité de la nouvelle offre de l’annonceur, les spots TV concernés montrent un homme subissant et décrivant divers facteurs de stress de la vie quotidienne. Il a noté que l’homme en question nomme ces différents stress en utilisant le terme « burn-out » et en le déclinant en plusieurs variantes.

Le Jury a également constaté que les stress fictifs évoqués sont illustrés à l’aide d’images décalées et absurdes (par exemple l’homme qui recrache une vis ou dont le corps est couvert de mots de passe).

Il est d’avis que les situations en question sont mises en scène de manière humoristique et exagérée et que les spots TV ne visent pas les personnes réellement atteintes de burn-out.

Il a dès lors estimé que la publicité ne dénigre pas et n’attire pas le ridicule sur un certain groupe de personnes.

Le Jury a néanmoins souligné que les personnes confrontées au burn-out sont nombreuses et qu’il s’agit d’une problématique très présente dans l’actualité. Les personnes malades et leur entourage vivent une situation pénible qui ne peut être minimalisée ou prise à la légère dans le cadre d’une communication commerciale.

Compte tenu de ce qui précède, le Jury est d’avis que le choix du terme « burn-out » est malheureux et que les spots TV en question sont susceptibles de provoquer des réactions négatives auprès d’une partie du public. Il a donc estimé devoir formuler un avis de réserve conformément à l’article 1 de son règlement et en appelle à la responsabilité de l’annonceur.

Un avis de réserve implique que l’annonceur est libre concernant la suite qu’il donne à cet avis.

Suite

A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.