TOYOTA - 24/04/2017

Annonceur: 
TOYOTA
Produit/Service: 
Hybrides Toyota et Lexus
Média: 
Internet
Critères d'examen: 
Loyauté
Véracité
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Véhicules à moteur et accessoires
Type de décision: 
Pas de remarque
Date de clôture: 
Lundi, 24 avril 2017
Description de la publicité

La bannière contient le texte suivant : « Une hybride qui se recharge d’elle-même? La voilà! Fini le diesel. L’électrique pour demain. Aujourd’hui l’hybride Lexus. Une référence dans sa catégorie. ».

Sur le site web consacré à la Lexus RX 450 h, sous l’onglet « Caractéristiques du véhicule » et le point « Conduire la RX 450h – Les principaux atouts », figure le texte suivant :
« Le nouveau RX 450h est équipé de la dernière version du système hybride de Lexus. Il associe intelligemment un moteur à essence V6 3,5 litres et deux moteurs électriques haute puissance, pour une conduite quatre roues motrices d'une parfaite fluidité. Grâce au couple instantané des moteurs électriques, vous pouvez accélérer jusqu'à 100 km/h en 7,7 secondes, tout en n'émettant que 122 g de CO2 par kilomètre.
En mode EV (véhicule électrique), la voiture ne consomme pas de carburant, n'émet pas de CO2 ni de NOX et devient quasiment silencieuse. La batterie hybride du RX 450h ne nécessite pas de rechargement et est extrêmement compacte, ce qui permet d'avoir un coffre spacieux. »
Sur le site web de la marque consacré aux voitures hybrides, sous le point « La batterie » et en cliquant sur « Plus d’infos techniques », figure entre autres le texte suivant :
« La recharge de la batterie
Malgré ce que pensent de nombreuses personnes, les Toyota Hybrides ne doivent pas être rechargées. Elles se rechargent toutes seules, quand vous décélérez et freinez. L’énergie
cinétique générée par le freinage est récupérée, convertie en électricité et stockée dans la batterie. Là où dans le cas d’une voiture classique, elle est perdue et gaspillée. Et quand cela ne suffit pas, c’est le moteur essence qui prend le relais.
Vous n’aurez donc jamais à chercher une prise, à tirer une rallonge ou à attendre des heures que votre hybride se recharge.
L’autonomie de la batterie
La technologie Hybride combine les différents avantages d’un moteur essence et d’un moteur électrique. Le but de cette technologie est d’offrir un second moteur, alimenté par une batterie, qui vient soutenir le moteur essence. Et comme la batterie se recharge toute seule lors des freinages et des décélérations, il est possible, en fonction du trajet et de votre type de conduite, que l’hybride puisse rouler jusqu’à 50% de la distance en mode purement électrique.
Et quand les conditions de circulation le nécessitent, c’est le moteur essence qui prend le relais sans la moindre rupture. L’autonomie totale dépasse de loin les habituels 150 km des voitures purement électriques !

En résumé, avec deux moteurs dont un qui se recharge tout seul, l’angoisse de la panne sèche est vite oubliée ! ».

Motivation de la plainte

Le plaignant dénonce le contenu trompeur des publicités.

Prétendre que la voiture "se charge par soi-même" et qu'elle roule en mode électrique en ayant une tout petite batterie qui ne prend pas d'espace dans le coffre essaie selon lui de donner l'idée que le véhicule a tous les avantages d'un véhicule électrique alors qu’en mode électrique il peut rouler seulement pour quelques kilomètres à basse vitesse et que pour se "charger" il brule aussi du carburant.

Une partie de la charge est certainement donnée par la récupération d'énergie pendant le freinage mais ceci n'est qu’une partie du total nécessaire pour faire bouger la voiture et pas la totalité comme le laissent entendre les publicités. En réalité, la majorité de l'énergie vient du moteur qui s'allume de temps en temps et envoie à la batterie la partie de l'énergie électrique générée qui dépasse celle nécessaire pour rouler. La preuve en est que le moteur doit s'allumer au bout de quelques kilomètres.

Une vraie hybride plug-in peut par contre parcourir des dizaines de kilomètres en mode électrique, même à plus de 50 km/h, sans jamais allumer le moteur, et ceci est obtenu sans utiliser de carburant mais en prenant de l'électricité du réseau.

Un moteur essence comme celui de ces voitures brule l'essence à 25/30% d'efficience et rejette ainsi du CO2 (si on charge par la prise les rejets sont bien moindres) et, encore plus important, le moteur rejette des polluants.
De plus, le fait que le moteur s'allume et s'éteint fréquemment risque de ne pas chauffer le pot catalytique qui ne marchera donc pas bien, en augmentant les rejets d'hydrocarbures cancérigènes à chaque redémarrage pendant la période où le catalyseur chauffe.

Selon le plaignant, cette représentation de la réalité peut aussi avoir l'effet de décourager les acheteurs potentiels de véhicules électriques (pourquoi devoir chercher un point de recharge si ces voitures sont aussi propres et se rechargent par elles-mêmes ?).

Position de l'annonceur

L’annonceur a tout d’abord tenu à souligner que les éléments sur lesquels se base le plaignant ne sont pas reproduits de manière complète. Certaines phrases sont tirées de leur contexte et ne reflètent pas correctement son message. Or, pour juger du caractère éventuellement trompeur du message, il faut se baser sur l’entièreté du message et des informations mises à disposition du consommateur.

L’annonceur a ensuite répondu aux différents arguments avancés par le plaignant.

1. « La voiture se charge par soi-même » alors que « pour se charger elle brûle du carburant »

Selon le plaignant, l’affirmation selon laquelle « la voiture se charge par soi-même » serait erronée et essaye de donner l’idée que le véhicule (hybride) a tous les avantages d’un véhicule électrique.

Sur l’affirmation elle-même, l’annonceur se réfère à la décision du Jury suite à une plainte portant sur le même sujet en janvier 2015.

Le Jury avait à l’époque suivi l’argumentation à propos des Toyota Hybrides qui se rechargent seules. Seule, signifiant que cela ne nécessite l’intervention de personne (pas du conducteur et pas de source extérieure à la voiture). Ce procédé de recharge est entièrement automatique.

Le message repris sur le site web indique par ailleurs clairement la façon dont cette recharge automatique s’opère :
« Elles se rechargent toutes seules, quand vous décélérez et freinez. L’énergie cinétique générée par le freinage est récupérée, convertie en électricité et stockée dans la batterie ».

La campagne de 2015 avait pour but d’éclairer les consommateurs sur la technologie hybride, encore très mal comprise par ces derniers. La plupart d’entre eux pensent qu’il faut recharger les batteries d’une hybride via une prise extérieure. Mais le consommateur moyen sait parfaitement que le rechargement de la batterie ne se fait pas « comme par magie » ou sans carburant ou source d’énergie d’aucune sorte.

Ce dernier élément vaut pour la remarque du plaignant à propos du fait que pour se charger, le véhicule brûle aussi du carburant. L’annonceur renvoie à ce sujet aux autres parties du message où il est clairement fait référence, et à plusieurs reprises, à l’association entre un moteur à essence et deux moteurs électriques. Le taux d’émission de CO2 du véhicule est également clairement mentionné. Il est donc impossible que le consommateur puisse croire que le véhicule ne brûle pas de carburant, hormis bien entendu quand il est en mode électrique pur.

Pour le surplus, l’annonceur tient à souligner que sur son site il n’effectue aucune comparaison entre la technologie hybride et la technologie électrique et qu’il n’affirme ni ne sous-entend que les véhicules hybrides ont tous les avantages des véhicules électriques, comme l’affirme le plaignant.

2. « Le véhicule roule en mode électrique en ayant une toute petite batterie qui ne prend pas d’espace dans le coffre »

Le plaignant estime à nouveau qu’en affirmant ceci, la publicité fait croire qu’un véhicule hybride a tous les avantages d’un véhicule électrique.
L’annonceur ne comprend pas bien comment le plaignant arrive à cette conclusion.
Le message contenu sur le site indique seulement que la batterie est extrêmement compacte, ce qui permet d'avoir un coffre spacieux. Il fait allusion à la capacité du coffre parce que c’est un problème bien connu des hybrides. Or, ce problème a aujourd’hui été résolu, entre autres par l’installation des batteries sous la banquette arrière. Le message est donc correct et légitime.

Pour le surplus, le message sur la batterie de la Lexus RX sur le site internet ne fait aucune référence et n’opère aucune comparaison entre des véhicules hybrides, des hybrides rechargeables ou des véhicules entièrement électriques.

Selon l’annonceur, il s’agit donc là d’une conclusion que le plaignant tire lui-même.

3. « En mode électrique, il peut rouler seulement pour quelques kilomètres à basse vitesse »

Le message publicitaire ne contient aucune allusion à une autonomie du véhicule en mode électrique.

Avec la technologie hybride, la priorité n’est pas l’autonomie en mode électrique pur. En d’autres mots, la voiture n’est pas optimisée pour parcourir un maximum de kilomètres à l’électricité, mais pour permettre de parcourir des ‘trajets normaux’ avec un minimum de consommation, d’émissions, de coûts… Les messages indiquent donc clairement que le système hybride repose sur la combinaison entre un moteur à essence et des moteurs électriques alimentés par des batteries qui se rechargent grâce à l’énergie cinétique du véhicule.

C’est grâce à cette combinaison qu’on peut affirmer que le moteur (essence) peut ne pas fonctionner jusqu’à 50% du temps de conduite (véhicule à l’arrêt, en descente, pédale des gaz relâchée… le tout en fonction de l’état de charge de la batterie), ce qui permet à la voiture de consommer et polluer moins.

Vu le nombre de paramètres, il est extrêmement dangereux d’avancer des chiffres d’autonomie en mode électrique pur, ce que l’annonceur évite donc de faire. Les seuls chiffres donnés sont les chiffres de consommation et d’émissions.

En résumé, l’annonceur ne voit pas comment il pourrait tromper le consommateur sur l’autonomie en termes de kilomètres, dans la mesure où il ne formule aucune prétention à cet égard.
L’annonceur a ensuite souligné que, hormis les trois points repris ci-dessus, le plaignant n’analyse plus le contenu du message publicitaire mais fournit une interprétation très subjective du message et se livre ensuite à un vibrant plaidoyer en faveur du véhicule électrique et contre le véhicule hybride en avançant à ce sujet une série d’arguments techniques qui n’apparaissent à aucun endroit sur le site. Il pense que ce débat ne doit pas être mené devant le JEP.

Enfin, par rapport à la bannière, l’annonceur a communiqué que celle-ci mène aux pages du site internet auxquelles le plaignant fait référence et que le texte « Fini le diesel. L’électrique pour demain. » reflète bien qu’il s’agit d’une solution hybride entre le diesel et l’électrique pur.

Décision du Jury

Le Jury a pris connaissance des communications publicitaires concernées présentes sur la bannière, sur la page internet consacrée au modèle Lexus RX 450h et sur celle relative aux batteries des véhicules hybrides de Toyota.

Le Jury a tout d’abord souligné que selon lui, les publicités sur lesquelles porte la plainte ne contiennent pas d’éléments de comparaison ou autres qui mèneraient à la conclusion apportée par le plaignant selon laquelle ces publicités essayeraient de démontrer que les véhicules hybrides de l’annonceur auraient tous les avantages des véhicules électriques et qu’elles pourraient avoir pour effet de décourager les acheteurs potentiels de véhicules électriques.

Le Jury est d’avis que les publicités en question tendent à présenter les véhicules hybrides de l’annonceur comme une alternative aux véhicules diesels et aux véhicules électriques purs, sans pour autant contenir de message dénigrant à l’égard de ces derniers.

Par rapport aux arguments soulignés par le plaignant relatifs au caractère mensonger de la publicité, le Jury se réfère d’une part à sa décision relative à une publicité de Toyota (TOYOTA 27/01/2015), qui peut être consultée sur son site internet.

Le Jury est d’avis que, en l’occurrence, la bannière et les textes sur les sites internet concernés utilisent à nouveau l’expression selon laquelle les hybrides de l’annonceur se rechargent « toutes seules » dans le sens où l’intervention du conducteur, autre que celle de conduire sa voiture, n’est pas nécessaire. Le Jury a de plus constaté que les textes concernés apportent des informations et explications précises sur la manière dont la batterie se recharge, en mentionnant notamment qu’un moteur à essence est associé au moteur électrique.

D’autre part, le Jury est d’avis que les communications relatives au caractère compact et à l’autonomie de la batterie hybride ne contiennent pas non plus d’élément de nature à induire le consommateur moyen en erreur.

Le Jury a dès lors estimé que les publicités en question n’abusent pas de la crédulité des consommateurs et n’exploitent pas leur manque d’expérience ou de connaissance et qu’elles ne sont pas de nature à tromper le consommateur moyen en ce qui concerne les caractéristiques de la batterie hybride des véhicules en question, par rapport aux points soulevés par le plaignant.

A défaut d’infractions aux dispositions légales ou autodisciplinaires, le Jury a estimé n’avoir pas de remarques à formuler sur ces points.

Suite

A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.