SODASTREAM - 26/05/2020

Annonceur: 
SODASTREAM
Produit/Service: 
SodaStream
Média: 
Télévision
Critères d'examen: 
Responsabilité sociale
Autres
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Boissons
Type de décision: 
Pas de remarque
Date de clôture: 
Mardi, 26 mai 2020
Description de la publicité

Le spot montre une fillette qui arrive dans la cuisine où sa mère est assise et où son père boit de l’eau dans une bouteille en plastique. Elle lui demande en levant les bras : « Qu’est-ce que tu fais ? » 
Père : « Beh, je… » 
Fille : « Beh, je quoi ?  T’as entendu parler du plastique qui pollue les océans ? ». Les parents se regardent, interloqués. « Et puis, quand tu portes des packs d’eau, t’insultes toute la terre entière. » 
Père : « Pas du tout. » 
On voit le père qui rentre avec des packs de bouteilles d’eau, les clés en bouche, et qui dit « Fait ch (bip) ». 
Fille : « Alors, t’attends quoi pour dire stop ? » 

Motivation de la plainte

1) Le plaignant trouve cette publicité non respectueuse envers les parents sur le plan déontologique. Selon lui, elle fait en sorte que les enfants peuvent contredire leurs parents, que les enfants peuvent dénigrer leurs parents et que les enfants ne doivent pas écouter leurs parents. 

2) Le plaignant trouve cette publicité complètement anti-éducative. Il a communiqué qu’elle met en scène un enfant faisant la leçon à son père et qu’elle prend aussi à partie une mère (femme passive) qui est donc censée approuver sa gamine. Cette promotion par cet exemple familial est selon lui doublement regrettable même si le thème de fond peut être reçu. 

3) La plaignante a communiqué que si le contenu du message est réaliste et acceptable, le ton sur lequel l’enfant s’adresse à son père est interpellant. Bien entendu, la publicité joue selon elle sur l’inversion des rôles : elle utilise le mode de communication qu’adopte un parent qui veut manifester son mécontentement. Néanmoins, à l’heure où l’actualité, les réalités scolaire, familiale, sociale témoignent du manque de respect des jeunes envers les aînés et l’autorité, elle trouve que cette publicité banalise un comportement effronté et pourrait donner aux plus jeunes (et à des parents en manque de repères) un signal de normalisation de cette manière de communiquer.

Position de l'annonceur

Selon l'annonceur, dans la publicité concernée, il n'est pas question d'un manque de respect des enfants pour leurs parents (et plus particulièrement pour le père). Selon lui, la publicité en question ne vise pas non plus à ce que les enfants contredisent et dénigrent leurs parents. A son avis, cela n'est d’ailleurs pas du tout démontré dans les plaintes en question.   

Il a communiqué que cette publicité montre au contraire une jeune fille qui prend à cœur les préoccupations environnementales. À ce sujet, il est fait référence avec un clin d'œil aux marches pour le climat de l'année dernière, au cours desquelles les étudiants ont pris l'initiative de dénoncer les problèmes environnementaux et le manque de politique environnementale de la part des politiciens et des adultes. La publicité elle aussi fait donc passer le message que les jeunes estiment vraiment l'importance de l'environnement. La publicité s'inscrit donc dans la lignée des campagnes publicitaires précédentes lancées par l'annonceur, qui utilisent toujours les mêmes éléments, à savoir : a) un message très clair, à savoir que ses produits offrent un alternative écologique aux bouteilles en plastique ; b) une douce ironie et de l’humour, comme le dit la petite fille dans la publicité « Et puis, quand tu portes des packs d’eau, t’insultes toute la terre entière », suivi d'un extrait où le père de la petite fille entre dans la maison en portant des bouteilles en plastique et, suite à une certaine maladresse, pousse un juron. Selon lui, la publicité concernée s'appuie donc sur le message qu'il propage depuis des années : prendre soin de l'environnement. Ce message pertinent est très apprécié par le consommateur moyen.   

En outre, l'annonceur a fait valoir que la publicité avait été examinée de manière approfondie avant d'être divulguée au public. Il s'agit en effet d'une publicité qui a déjà été diffusée dans d'autres pays (notamment en France), avec un contenu et une formulation tout à fait identiques, et pratiquement sans aucun retour négatif de la part du public. En outre, la publicité a également fait l'objet d'une étude en Belgique avant sa diffusion, dont il ressort qu'elle était très appréciée des personnes interrogées.   

Selon l'annonceur, ce qui précède démontre que cette publicité n'encourage aucunement à discréditer l'autorité parentale et ne méprise pas non plus le respect des enfants pour leurs parents. La douce ironie et l'approche humoristique, ainsi que le message environnemental caractéristique de SodaStream, dans cette publicité sont, à son avis, suffisamment clairement présents pour qu'elle ne soit en aucun cas comprise par le consommateur moyen dans le sens que lui ont donné les plaignants. Selon lui, la publicité ne témoigne pas non plus d'un manque de juste sens de la responsabilité sociale ou d'une violation des dispositions légales ou autodisciplinaires en la matière.  

Décision du Jury

Le Jury a constaté que le spot TV en question met en scène une fillette qui, de manière plutôt comique, fait la leçon à son père parce qu’il achète des bouteilles d’eau en plastique. 

Suite à la réponse de l’annonceur, il a noté que celui-ci, via son spot TV, se réfère aux préoccupations des jeunes par rapport au respect de l’environnement et à l’attitude des adultes à cet égard. 

Selon le Jury, il est suffisamment clair que, comme l’indique l’annonceur, la publicité renvoie avec une douce ironie et de l’humour aux marches pour le climat des étudiants. 

Il est dès lors d’avis que la publicité ne sera pas perçue par le consommateur moyen dans le sens que lui donnent les plaignants. 

Dans ce contexte, il a estimé que l’attitude des différents membres de la famille n’est pas présentée comme un exemple à suivre et que la mise en scène dans le spot TV n’encourage pas à manquer de respect ou à dénigrer les parents. 

Le Jury a également estimé que la publicité concernée ne semble pas tolérer ou banaliser un comportement répréhensible ni remettre en cause l’autorité des parents. 

A défaut d’infractions aux dispositions légales ou autodisciplinaires, le Jury a estimé n’avoir pas de remarques à formuler sur ces points. 

Suite

A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.