SBS BELGIUM - 13/06/2016

Annonceur: 
SBS BELGIUM
Produit/Service: 
Vier – ‘Mijn Lief is Vrijgezel’
Média: 
Télévision
Internet
Critères d'examen: 
Responsabilité sociale
Représentation de la personne/dignité humaine
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Culture et éditions
Type de décision: 
Décision de modification ou d’arrêt
Date de clôture: 
Lundi, 13 juin 2016
Description de la publicité

La campagne contient deux vidéos.

Tout d’abord, un film a été distribué via les médias sociaux, dans lequel on voit des images, qui semblent être des images d’amateur, d’un couple qui se dispute bruyamment près d’une voiture sur la Grande Place de Diest, sous les yeux de passants et des gens sur les terrasses.

La femme jette par terre les vêtements des sacs qu’elle tient en main. Pendant que l’homme ramasse les vêtements, la femme sort une guitare d’un étui, enlève ses chaussures et monte sur la voiture. Ensuite, elle casse l’instrument sur le pare-brise. La femme s’en va, suivie par l’homme.

En arrière-fond, on entend une voix masculine qui fait des commentaires amusés et un enfant qui pleure.

Ensuite, un film promotionnel a été diffusé en ligne et à la télé avec des images professionnelles de la même scène, avec la mention du logo de Vier et « Love and Marriage » comme musique de fond.
Voix-off: “Flirten kan ernstige gevolgen hebben. Mijn lief is vrijgezel. Vanaf juni nieuw op Vier.”
Texte à l’écran: “Het begon … als een uitdagend spel. Diest, 27 mei 2016 - Mijn lief is vrijgezel Vanaf juni nieuw”.
À la fin, le texte suivant passe en bas de l’écran pendant qu’il est également prononcé rapidement par la voix-off : “Opgepast bespreek aandachtig de spelregels. Bijwerkingen kunnen bestaan uit overmoed en een gevoel van onschendbaarheid. Geen langdurig geflirt zonder uitdrukkelijke toestemming. Niemand raakte gewond bij het filmen van dit spotje, afgezien van de virale reactie op sociale media.”

Motivation de la plainte

Selon le plaignant, l’annonceur fait de la publicité de manière déplacée étant donné qu’il veut que l’agression soit diffusée de manière virale comme truc publicitaire pour un nouveau programme.
Maintenant qu’on connaît la vérité, cela lui semble pour le moins inconvenant et de mauvais goût.
Il mentionne également qu’on entend des enfants qui pleurent à l’arrière-plan et des parents qui crient qu’il y a des enfants. Il est d’avis que nos enfants sont déjà assez confrontés à la violence.

Position de l'annonceur

L’annonceur a communiqué qu’il s’agissait d’une campagne promotionnelle pour le programme « Mijn Lief is Vrijgezel ».

Le format est, brièvement résumé, le suivant :
Pendant quatre jours, une femme célibataire a rendez-vous, toujours avec un autre homme. Mais seul un des hommes est vraiment célibataire. Les trois autres ont une femme (ou amie). Est-ce qu’elle peut démasquer le vrai célibataire après ces quatre rendez-vous ?
Les hommes mariés font tout pour paraître vraiment célibataires. Ils sont aidés en cela par leurs propres femmes.
Si la célibataire réussit à démasquer le célibataire, elle gagne un voyage. Elle peut emmener le célibataire si elle le veut. Si elle choisit par contre un homme marié, le couple de cet homme gagne le voyage.

La campagne promotionnelle sous le nom “Flirten kan ernstige gevolgen hebben” peut être résumée comme suit :

1. Le vendredi 27 mai 2016 à 16h, un tournage d’un film promotionnel a été réalisé à Diest. Des images de ce tournage ont été distribuées en ligne très vite après le tournage, avec la coopération de VIER.

2. Dès le lundi 30 mai 2016, VIER a diffusé en ligne et à la télévision un film promotionnel dans lequel des images du tournage susmentionné étaient utilisées. Ce film promotionnel sera diffusé jusqu’au 19 juin 2016.

3. Dès le 20 juin 2016, un deuxième film promotionnel sera diffusé, sans les images du tournage à Diest.

En ce qui concerne la plainte, l’annonceur a communiqué qu’il est en tout cas d’avis que la diffusion du film promotionnel n’est d’aucune manière une infraction aux dispositions légales ou autodisciplinaires relevantes :

- Le film promotionnel a un caractère clairement humoristique et créatif, avec l’intention d’attirer l’attention des téléspectateurs. Ce spot ne risque selon lui pas non plus d’être mal compris par la majorité des téléspectateurs (ou spectateurs sur place). Si cela était néanmoins le cas, il s’en excuse.

- Le film promotionnel sert uniquement à mettre en avant le format du programme de manière ludique : flirter peut avoir de graves conséquences.

- Le film promotionnel ne montre aucune forme de violence physique ou envers des personnes et contient même à la fin un disclaimer dans lequel il est explicitement mentionné que personne n’a été blessé en tournant le spot.

Pour autant que de besoin, l’annonceur a voulu souligner que le tournage du film promotionnel – et donc aussi le film avec ces images – a également été réalisé avec les mesures de précaution nécessaires :

- Le tournage a eu lieu un vendredi après-midi, et donc pas un mercredi après-midi ou un jour de week-end, des moments où un plus grand pourcentage de mineurs aurait pu être présent.

- Pour le spectateur moyen sur place, il était très clair que les événements étaient mis en scène. Les acteurs avaient intentionnellement été briefés pour jouer de manière exagérée ; la scène devait ainsi montrer une exagération créative et ludique d’une dispute normale entre homme et femme.

- Les “enfants qui pleurent” à l’arrière-plan étaient en réalité limités à un enfant.

- Le film du tournage de la campagne promotionnelle n’a plus été diffusé après le lundi 30 mai 2016.

Décision du Jury

Le Jury a noté que le vendredi 27 mai 2016 à 16h, un tournage pour un film promotionnel a été réalisé à Diest dans le cadre d’une campagne promotionnelle pour le programme TV « Mijn Lief is Vrijgezel », dans lequel une femme doit essayer de découvrir lequel des quatre hommes est vraiment célibataire.

Il a également noté que :

  • d’une part, une vidéo avec des images de ce tournage a été diffusée en ligne rapidement après le tournage, à la demande et avec la collaboration de l’annonceur ;
  • d’autre part, des images de ce tournage ont été utilisées dans un film promotionnel révélateur que l’annonceur a plus tard diffusé en ligne et à la télé.

Le Jury a pris connaissance des deux vidéos qui faisaient partie de la campagne promotionnelle en question.

Il a constaté que dans les deux vidéos, on voit des images d’un couple qui se dispute bruyamment près d’une voiture sur la Grande Place de Diest, sous les yeux des passants et des gens sur les terrasses, où la femme jette par terre les vêtements des sacs qu’elle tient en main et casse une guitare sur le pare-brise de la voiture.

Il est d’avis que les images montrent de manière réaliste de la violence grave entre partenaires, d’autant plus que la vidéo virale ne contient aucune indication quant au fait que ceci cadrait dans une campagne promotionnelle commerciale. Qu’il s’agisse ici de violence verbale et de la destruction d’objets plutôt que de violence physique ne change rien à ce constat selon le Jury.

Il est également d’avis que la violence montrée entre partenaires n’est pas en relation avec le contenu du programme que l’annonceur veut promouvoir.

Le Jury est d’avis que de la violence inutile est ainsi utilisée et qu’un comportement violent et asocial est toléré et banalisé dans une communication commerciale.

Il est également d’avis que les aspects humoristiques du film promotionnel n’y changent rien dans ce cas.

Le Jury a donc estimé que les deux vidéos en question sont contraires à l’article 4, alinéa 3 du Code de la Chambre de Commerce Internationale et au point 5 des Règles du JEP en matière de représentation de la personne.

Compte tenu de ce qui précèdes et sur la base des dispositions susmentionnées, le Jury a donc demandé à l’annonceur de ne plus diffuser les deux films.

À ce sujet, le Jury a noté que l’annonceur a arrêté la distribution de la vidéo virale.

Suite

L’annonceur a confirmé qu’il va aussi respecter la décision du Jury en ce qui concerne le film promotionnel.