RTBF – Opérations de Solidarité - 23/09/2014

Annonceur: 
RTBF – Opérations de Solidarité
Produit/Service: 
CAP 48
Média: 
Télévision
Radio
Critères d'examen: 
Responsabilité sociale
Représentation de la personne/dignité humaine
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Autres biens et services
Type de décision: 
Pas de remarque
Date de clôture: 
Mardi, 23 septembre 2014
Description de la publicité

Les spots mettent en scène Stéphanie, maman de Johana, une jeune fille handicapée de 14 ans, qui conduit sa fille à l’école, l’aide à descendre les escaliers et à prendre son bain, pour illustrer la base line « être maman, c’est du sport, être maman d’un enfant handicapé, c’est du sport extrême ».

Motivation de la plainte

La campagne exclut totalement et exclusivement les papas d'enfants handicapés. Le dossier de presse précise que le thème 2014 porte sur la difficulté d'être parent d'un enfant handicapé en comparant ce rôle à un sport extrême alors que la campagne média, quant à elle, met en scène exclusivement des femmes avec le slogan « Maman d'un enfant handicapé, c'est un sport extrême ». Cette campagne entretient indirectement des clichés sexistes tels que: seules les mamans s'occupent des enfants, les papas ne prennent pas part à la vie de famille, les hommes ne s'occupent pas des enfants. L'absence totale de la représentation masculine dans cette campagne réduit par conséquent la portée du mot « parent » en l'assimilant à « maman ».
 

Position de l'annonceur

L’annonceur a communiqué qu’il s’agit d’une campagne de sensibilisation sur le rôle des mamans d’enfants handicapés avec une même idée de base line « être maman, c’est du sport, être maman d’un enfant handicapé, c’est du sport extrême ». Cette campagne a été réalisée avec l’aide d’une maman d’enfant handicapée, Stéphanie Prévost et de sa fille Johana, et a été mise en image par le réalisateur, Mitch Bergsma, wakeboarder professionnel, spécialiste de la réalisation en caméra Go Pro, lui-même sourd et muet depuis la naissance.

C’est là un choix éditorial clairement assumé de CAP48, qui est au demeurant clairement annoncé comme tel dans la brochure de présentation de la campagne, destinée à la presse, et qui vise non pas les « parents » mais bien les « mamans », au contraire de ce qu’affirme erronément le plaignant.

Ce choix est justifié d’abord par le fait que dans 75% des familles avec un enfant de grande dépendance (données de l’Observatoire bruxellois de l’accueil et de l’accompagnement de la personne handicapée), ce sont bien les mamans qui s’occupent majoritairement de leur enfant handicapé, sans que cela n’ait pour effet de réduire ou de nier bien évidemment le rôle du père mais aussi des frères et sœurs dans la prise en charge d’une personne handicapée.

Par ailleurs, ce n’est pas parce que l’on décide, dans cette campagne, de mettre en valeur le rôle des mamans d’enfants handicapés, que l’on nie, dénigre ou discrédite pour autant le rôle des pères d’enfants handicapés à l’égard de leurs enfants. L’action d’une ASBL de soutien à la cause des personnes handicapées comme l’est CAP48 doit s’analyser dans la longueur. Et en mai-juin 2014, une campagne radio et télé de CAP48, lors de la fête des pères, avait délivré un message à destination des seuls papas d’enfants handicapés. Lors de la soirée annuelle de clôture de l’opération en octobre 2014, des témoignages de mamans mais aussi de papas, de frères et de sœurs d’enfants handicapés seront largement diffusés pour cerner la problématique de manière plurielle.

Tant CAP48 que la RTBF déplorent la vision sexiste de la problématique du handicap que le plaignant tente de mettre en exergue, alors que tous deux œuvrent à la mise en place d’une société ouverte et tolérante, sans œillères, l’une quant au regard porté sur les personnes handicapées dans la société et l’autre par une éthique basée sur le rejet de toute forme de discrimination et la promotion de toutes les formes de diversité. C’est vouloir leur faire mauvais procès que de penser pouvoir épingler ces spots publicitaires comme étant sexistes.

Sur le plan déontologique et juridique, l’annonceur considère que ces spots publicitaires sont conformes à la loi et aux exigences de véracité (dès lors que sur un plan statistique, ce sont en effet la majorité des mamans qui gardent et s’occupent de leur enfant handicapé). Ils ne portent pas atteinte à la dignité humaine et ne contiennent aucune discrimination fondée sur le sexe. Enfin, ils ne sont pas de nature à engendrer le discrédit, le mépris ou le ridicule à l’égard des hommes, ni de nature à exploiter, favoriser ou développer des comparaisons péjoratives fondées sur le sexe, ni de nature à méconnaître les aspirations, les aptitudes et le rôle joué par les diverses catégories humaines et sociales, et pas davantage de nature à perpétuer des préjugés sociaux ou des images stéréotypées contraires à l’évolution de la société ou aux idées largement acceptées par celle-ci (Règles du JEP sur la représentation de la personne humaine).

Décision du Jury

Le Jury a noté que l’annonceur a choisi, pour sa campagne de sensibilisation en cours, la baseline suivante: « être maman, c’est du sport, être maman d’un enfant handicapé, c’est du sport extrême » et qu’il a décidé de mettre en valeur le rôle des mères d’enfants handicapés avec l’aide d’une mère et de sa fille handicapée.

Le Jury est d’avis que les spots ne dénigrent ou ne discréditent pas pour autant les pères d’enfants handicapés et ne nient pas non plus leur rôle au sein de la famille.

Le Jury a estimé que les spots en question ne contiennent pas de discrimination fondée sur le sexe et ne sont pas de nature à perpétuer des préjugés sociaux ou des images stéréotypées contraires à l’évolution de la société.

A défaut d’infractions aux dispositions légales ou autodisciplinaires, le Jury a estimé n’avoir pas de remarques à formuler sur ces points.

Suite

A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.