PEARLE - 29/02/2016

Annonceur: 
PEARLE
Produit/Service: 
Lunettes
Média: 
Radio
Critères d'examen: 
Représentation de la personne/dignité humaine
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Objets personnels et bijoux
Type de décision: 
Décision de modification ou d’arrêt
Date de clôture: 
Lundi, 29 février 2016
Description de la publicité

Spot 1

Femme: « J’en ai marre. C’est tout le temps la même chose. Tu sors avec tes collègues et moi je suis là comme une tarte avec mon soufflé au fromage. »
Homme: « C’est ça, ton soufflé au fromage, tu ferais bien d’arrêter d’en manger. »
Femme: « Oui, c’est ça. »
Homme: « Tu vas finir plus soufflée que lui. »
Femme: « Mais tais toi. »

Jingle: « Pearle, Pearle, Pearle ».

VO: « Ce mois-ci, venez à deux chez Pearle opticiens et recevez chacun votre monture gratuite. Ou venez seul et recevez votre monture à moitié prix. »

Femme: « Ah mon amour, c’est normal que tu fasses la fête avec tes collègues. Franchement, je comprends que tu te fasses un réseau. »
Homme: « Oui, et toi mon amour, c’est pas vrai que tu es soufflée, t’es juste appétissante comme j’aime. »
Femme: « Mon fêtard d’amour »
Homme: « Ma petite bouboule »

Spot 2

Femme: « Ma mère me l’avait bien dit. T’es juste un coureur. Tu crois que je ne t’ai pas vu avec Christel ? »
Homme: « Mais toi avec ton patron là. Quand tu le regardes dans les yeux, on dirait un bonobo avec du rouge à lèvres. »
Femme: « Mais arrête, franchement, tu me fais pitié »

Jingle: « Pearle, Pearle, Pearle ».

VO: « Ce mois-ci, venez à deux chez Pearle opticiens et recevez chacun votre monture gratuite. Ou venez seul et recevez votre monture à moitié prix. »

Femme: « Mon cœur, c’est pas si grave que tu m’aies trompée avec Christel. Je comprends, même moi elle m’a séduit, je t’assure. »
Homme: « Et toi, ton patron, je comprends aussi. Puis si tu veux une augmentation... »
Femme: « Embrasse-moi Casanova. »
Homme: « Toute de suite ma petite guenon. »

Motivation de la plainte

Le plaignant déplore vivement le recours à de gros clichés et les réflexions sexistes: c'est bien sûr l'homme qui a une vie sociale avec ses collègues, c'est bien sûr la femme qui lui prend la tête, c'est bien sûr le physique de la femme qui est raillé.

Position de l'annonceur

L’annonceur a communiqué qu’il ne voulait offenser personne et il est d’avis qu’il n’attaque aucun groupe.
Il reconnaît qu’il utilise des clichés sexistes dans ce spot. Mais ici, ils font en sorte qu’un public courant moyen comprenne en 30 secondes qu’il s’agit d’une dispute de couple et que le couple se réconcilie pour profiter de la vente couplée. Il n’utilise pas toujours de clichés sexistes dans ses spots mais ici c’était utile pour évoquer la dispute de couple. Il veut connecter ses spots à son groupe cible en faisant écouter des situations reconnaissables et on se reconnaît évidemment plus vite dans des clichés que dans des situations qui rompent des clichés.
Il a encore ajouté que ses spots radio sont souvent humoristiques et que les auditeurs les apprécient justement pour cet humour.

Décision du Jury

Le Jury a pris connaissance des spots radio qui mettent en scène un couple qui se dispute.

Le Jury est d’avis que ces spots contiennent une série de propos relatifs à de nombreux clichés sexistes envers l’homme et la femme. Dans ce cas-ci, le Jury est également d’avis que les dialogues sont de nature à donner une image négative de la femme, de l’homme et de la relation homme-femme.

Dans ce contexte, le Jury a estimé que les spots radio contribuent à perpétuer des images stéréotypées qui vont à l’encontre de l’évolution de la société.

Suite à la réponse de l’annonceur qui argumente sur base de l’humour, le Jury se réfère aux Règles en matière d’humour en publicité qui prévoient que le recours à l’humour ne supprime jamais la responsabilité éthique de l’auteur du message et qui stipulent que l’humour ne peut conduire à contenir des allusions ou mentions péjoratives fondées sur le sexe.

Compte tenu de ce qui précède et sur la base de l’article 1, alinéa 2 du code ICC et des points 1, 3 et 4 des Règles du JEP en matière de représentation de la personne, le Jury a dès lors demandé à l’annonceur de modifier les spots radio en question et à défaut de ne plus les diffuser.

Suite

L’annonceur a communiqué que les spots ne seront plus diffusés.