PARTENAMUT - 05/08/2019

Annonceur: 
PARTENAMUT
Produit/Service: 
Partenamut
Média: 
Internet
Critères d'examen: 
Responsabilité sociale
Représentation de la personne/dignité humaine
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Autres biens et services
Type de décision: 
Pas de remarque
Date de clôture: 
Lundi, 5 août 2019
Description de la publicité

La bannière sur la page YouTube de l’annonceur représente une caricature de Blanche Neige et des sept nains, dont l’un porte de grandes lunettes.

Motivation de la plainte

Le plaignant a mentionné que l’annonceur utilise depuis plusieurs années une communication regrettable et dégradante mettant en scène Neige Blanche et ses sept enfants : Enrhumé, Pasdebol, Heureux, Gêné, Grinchu, Chico et Biglo. Bien que la plupart de ces 'nains' aient des noms anodins, celui de Biglo dérange beaucoup plus le plaignant qui est déficient visuel de naissance. Pour lui, cela fait référence au handicap visuel et à bigleux qui est une insulte ou une moquerie dont il souffre presque quotidiennement.
Il trouve en conséquence relativement pitoyable et dangereux que l’annonceur aide à véhiculer et à banaliser ce genre d'insultes à l'encontre des personnes handicapées.
Il est également choqué de l'image véhiculée par une mutuelle nationale des personnes malvoyantes comme lui. Le nain est représenté débile l'air hagard avec de grosses lunettes et des yeux de merlan frit. Selon lui, il est difficilement possible de faire plus caricatural.

Position de l'annonceur

L’annonceur a communiqué que cette campagne, qui date de 2015 et qui n'avait jusqu'à ce jour suscité aucune réaction négative, met en scène, par le biais de l'humour et de la caricature, les différentes prestations que peut effectuer la mutualité vis-à-vis de ses membres. C’est le personnage ‘Biglo’ qui a fait l'objet du dépôt de la plainte en raison de son nom et de sa représentation graphique.
L’annonceur est désolé que le plaignant ait pu y percevoir une certaine forme de discrimination ou de moquerie, le but ayant été avant tout d'accentuer les traits des différents personnages - à l'instar de l'appareil dentaire plus qu'apparent de Chico - afin de mettre en évidence, grâce à l'image, les différents domaines d'intervention de la mutualité.
Selon lui, il ne s'agit donc nullement d'une moquerie mais de la définition même de la caricature, basée sur l'amplification à l'excès de certains traits caractéristiques.
L'utilisation du nom ‘Biglo’ s'inscrit également dans cette lignée. ‘Bigleux’ est un terme qui se trouve dans le dictionnaire et qui, s'il est familier, n'est pas à ses yeux une source de moquerie ou de manque de respect.
Le ton humoristique de la campagne permet selon lui non pas de porter un message négatif envers les personnes souffrant d'un déficit visuel mais justement de contribuer à dédramatiser cette situation.
Afin d'éviter de heurter certaines sensibilités, il a tout de même décidé d'enlever la bannière YouTube visée par la plainte.

Décision du Jury

Le Jury a examiné la bannière sur la page YouTube de l’annonceur, qui représente une caricature de Blanche Neige et des sept nains, et a pris connaissance de la plainte qui concerne plus spécifiquement le nain qui porte de grandes lunettes (et dont le nom dans la campagne générale sur ce thème, qui n’est pas utilisé sur la bannière en question, est Biglo).

Suite à la réponse de l’annonceur, il a noté que la représentation graphique qui accentue les traits des personnages a pour but de mettre en évidence les différents domaines d'intervention de la mutualité, en matière d’optique en l’occurrence.

Le Jury est d’avis que le côté humoristique sous forme de caricature et de dessin de personnages de fiction fait en sorte que la représentation du nain en question n’est pas de nature à dénigrer les personnes portant des lunettes ou à leur attirer le ridicule. Selon lui, il ne s’agit pas non plus d’une image stéréotypée qui porterait atteinte à la dignité humaine des personnes porteuses d’un handicap visuel quel qu’il soit.

Bien que le Jury soit sensible à la réaction du plaignant, il a estimé que la bannière concernée n’est pas contraire aux Règles du JEP en matière de représentation de la personne sur ce point.

A défaut d’infractions aux dispositions légales ou autodisciplinaires, le Jury a estimé n’avoir pas de remarques à formuler sur ce point.

Suite

A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.