MEDIAGEUZEN - 13/01/2016

Annonceur: 
MEDIAGEUZEN
Produit/Service: 
P-Magazine
Média: 
Affichage
Critères d'examen: 
Responsabilité sociale
Décence et bon goût
Représentation de la personne/dignité humaine
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Culture et éditions
Type de décision: 
Pas de remarque
Date de clôture: 
Mercredi, 13 janvier 2016
Description de la publicité

L’affiche montre une femme de dos, en lingerie et hauts talons, légèrement inclinée en avant et regardant en arrière, avec le texte « Eén keer per maand is genoeg » et en dessous le logo de P-Magazine et le texte « Elke maand in uw krantenwinkel ».

Motivation de la plainte

1) Le plaignant a souligné que le débat concernant la violence sexuelle est d’actualité ces derniers jours, compte tenu également des nouveaux arrivants. Il se demande néanmoins quel message nous communiquons aux nouveaux arrivants avec une telle publicité ?
Le plaignant a également communiqué qu’il a deux fils et qu’ils apprennent à la maison à considérer les femmes de façon respectueuse. Ce message est souvent absent dans la rue.
Sa plainte concerne donc concrètement le fait que cette publicité galvaude la sexualité. La sexualité est quelque chose qui doit être pratiqué dans la vie privée et non en public.

2) La plaignante fait référence à la publicité avec une femme portant de la lingerie très sexy (presque nue) dans une position à forte connotation sexuelle, avec un texte ambigu. Suite aux évènements des agressions en masse de femmes à Cologne, le débat sur le fait qu’il est scandaleux que les musulmans perçoivent la femme occidentale comme un objet de plaisir, fait maintenant rage. La plaignante est d’avis que la publicité en question dépasse vraiment les limites et montre qu’apparemment ce ne sont pas seulement les hommes musulmans qui réduisent la femme à un objet de désir. Elle trouve les affiches de mauvais goût, elles se trouvent dans de nombreux lieux publics et polluent les pensées des hommes, des enfants et des femmes.
La plaignante est quotidiennement confrontée à de nombreux stéréotypes de genre et à des conceptions sexistes. Ces affiches ne font que stimuler de telles idées. Elle est dégoûtée par de telles affiches défavorables à la femme, qui réduisent les femmes à des objets sexuels.

Position de l'annonceur

L’annonceur est assez choqué d’être comparé aux agresseurs de Cologne. Selon lui, cela dépasse également les limites.

Son magazine est une revue qui s’adresse aux hommes et qui fait de belles séances photo de femmes gracieuses, qui plaisent. Dans ce cas-ci, il s’agit d’une photo d’une séance de photos pin-up, inspirée des pin-up iconiques qui apparaissaient dans les avions et les bases militaires américains pendant la deuxième Guerre mondiale. Il ne s’agit pas vraiment de quelque chose de nouveau.

Le slogan « Eén keer per maand is genoeg » fait évidemment référence à la ‘renaissance’ du magazine qui avait fait faillite et qui paraît maintenant mensuellement au lieu d’une fois par semaine. En outre, l’annonceur trouvait le slogan plutôt drôle comme clin d’œil envers le préjugé qui existe sur les hommes mais qui est surtout cultivé dans des magazines féminins: il faut avoir beaucoup de rapports sexuels pour être heureux. « Eén keer per maand is genoeg » ne se lit pas dans ce contexte comme un défi sexiste et encore moins comme une invitation au viol (ce qui est vraiment hors de propos ici).

Enfin, l’annonceur se demande comment, avec de telles affiches, il pourrait donner de fausses idées aux ‘nouveaux arrivants’ dans la société. Actuellement, le débat fait rage que si une femme veut s’habiller de manière sexy et sortir ainsi en rue (ou apparaître dans un magazine), ou même si elle le fait tout nue (référence à une artiste à Cologne), elle doit pouvoir le faire sans que cela occasionne des propos sexistes ou (encore) pire de la part des hommes. Il se demande si ces plaignants souhaitent qu’il applique l’autocensure afin de ne pas communiquer de mauvais message aux ‘nouveaux arrivants’. Selon lui, ce serait le monde à l’envers.

Décision du Jury

Le Jury a constaté que l’affiche montre une femme en lingerie et hauts talons avec le texte « Eén keer per maand is genoeg » et le logo du magazine pour hommes P-Magazine.

Le Jury a noté que le texte « Eén keer per maand is genoeg » fait référence au fait que le magazine, qui apparaissait avant une fois par semaine, est maintenant devenu un mensuel (« Elke maand in uw krantenwinkel »).

Le Jury est d’avis que l’image utilisée présente un lien direct avec le magazine pour hommes qui fait l’objet de la publicité.

Compte tenu également de ce qui précède, le Jury a estimé que cette affiche n’est pas de nature à offenser la décence selon les normes couramment admises, ni à porter atteinte à la dignité de la femme ou à témoigner d’un manque de sens de la responsabilité sociale dans le chef de l’annonceur.

A défaut d’infraction aux dispositions légales et autodisciplinaires, le Jury a dès lors estimé n'avoir pas de remarques à formuler sur ces points. 

Suite

A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.