L'OREAL - 15/04/2003

Annonceur: 
L'OREAL
Produit/Service: 
Nutrilift
Média: 
Affichage
Critères d'examen: 
Décence et bon goût
Représentation de la personne/dignité humaine
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Produits cosmétiques
Type de décision: 
Pas de remarque
Date de clôture: 
Mardi, 15 avril 2003
Description de la publicité

Une affiche montre une jeune femme nue, recroquevillée sur elle-même. Sur sa cuisse se trouve une flèche rouge (direction genou). A côté d'elle se trouve 2 flacons du produit. Texte : « L'Oréal Paris. Body Expertise, Nutrilift. Anti-dessèchement + Fermeté en 2 semaines. Votre corps a son institut ».

Motivation de la plainte

Cette publicité est indécente, sexiste et discriminatoire :
- indécente parce cette représentation est contraire aux normes couramment admises dans notre société, lesquelles sont d'ailleurs transcrites dans le code pénal (outrage aux bonnes mœurs – image sur la voie publique troublant l'imagination des mineurs – incitation à la débauche). N'importe quelle femme se mettant ainsi nue sur le bord de la route se verrait très rapidement arrêtée par les forces de l'ordre pour outrage public aux bonnes mœurs et/ou incitation à la débauche.
- sexiste parce que seule une femme nue est montrée et non pas un homme nu, tandis que la campagne est déclinée sous forme de 2 affiches et qu'en montrant d'un côté une femme et d'autre côté un homme, ceci aurait eu le même impact budgétaire pour l'annonceur.
- discriminatoire parce que de la publicité pour un produit de beauté ne constitue pas « une justification objective et raisonnable » autorisant une discrimination fondée sur le sexe (cfr. art. 2 de la loi du 25/2/2003).
La publicité est donc non-conforme au code de la CCI qui prescrit que la publicité doit être décente et conforme à la législation.
 

Position de l'annonceur

L'annonceur a fait valoir que la publicité véhicule des valeurs de la marque telles que naturalité, bien-être, proximité, sans aucune intention de choquer ou de créer une discrimination fondée sur le sexe. Par ailleurs, il a souligné qu'en matière de publicité il lui paraît élémentaire de pouvoir utiliser des modèles féminins pour promouvoir des produits destinés quasi exclusivement aux femmes.

Décision du Jury

Compte tenu de l'évolution de la société actuelle, le Jury a considéré que la présentation visuelle et le texte de l'affiche ne comportent pas d'éléments contraires aux convenances selon les normes couramment admises. Il a estimé que la femme n'est pas représentée de façon indécente ou provocante, les parties intimes du corps étant cachées. Ce message publicitaire n'est pas de nature à choquer ou offenser la majorité du public et ne sera certainement pas ressenti comme un outrage aux bonnes mœurs. Il n'y a aucune incitation à se mettre nue sur le bord de la route, ni dès lors incitation à la débauche, le seul but du message publicitaire étant de vanter le produit. Il a également estimé que le fait de présenter seulement une femme ne peut pas être considéré comme un acte sexiste ou discriminatoire. Il ne lui paraît pas injustifié d'utiliser un modèle féminin pour promouvoir un produit destiné aux femmes, la représentation du corps humain étant par ailleurs liée au produit (produit cosmétique). L'affiche en question ne comporte aucun élément qui vise une distinction fondée sur le sexe et qui aurait pour but de compromettre les droits ou libertés fondamentales de la femme. Par ailleurs, il n'appartient pas au Jury de se prononcer quant au choix d'un annonceur de représenter un sexe plutôt que l'autre ou de lui imposer un équilibre à cet égard dans sa communication publicitaire. A défaut d'infractions aux dispositions légales et/ou autodisciplinaires, le Jury a dès lors estimé n'avoir pas de remarques à formuler.