LEATHERPRIDE BELGIUM - 13/04/2016

Annonceur: 
LEATHERPRIDE BELGIUM
Produit/Service: 
Darklands Gay Fetish Festival 2017
Média: 
Internet
Critères d'examen: 
Responsabilité sociale
Décence et bon goût
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Sport et loisirs
Type de décision: 
Pas de remarque
Date de clôture: 
Mercredi, 13 avril 2016
Description de la publicité

La publicité pour le « Darklands Gay Fetish Festival 2017 » montre un homme en slip enroulé dans du film plastique sur une croix, avec le texte « Worship your religion ».

Motivation de la plainte

Comme chrétien, le plaignant trouve cette publicité scandaleuse car le symbole du Christ en croix est transformé en objet fétiche avec un manque total de goût. On identifie l’inspiration de la religion chrétienne par le slogan ‘Worship your religion’. Le religieux et la souffrance sont réduits dans cette image à un plaisir sexuel licencieux. Il n’a aucun problème avec le fait que des hommes homos organisent un Leatherpride mais la publicité, qui peut être vue par d’autres personnes que les amateurs, doit tenir compte de ce public plus large, d’autant plus parce qu’on peut être sûr qu’il y a là aussi des gens qui sont très attachés à l’image dont cela est dérivé.

Position de l'annonceur

L’annonceur a communiqué que l’image est l’œuvre de l’artiste et photographe néerlandais René Zuiderveld dans le cadre du projet Zuiderburg. L’œuvre a un aspect homo-érotique et montre l’impuissance de quelqu’un qui est momifié. Avec ses œuvres, l’artiste essaie toujours d’aborder l’impuissance et l’inégalité que beaucoup de personnes ressentent de différents côtés (politique, société, religion, nature, psyché, etc.).

Il trouvait cette image très appropriée pour faire passer son message à son groupe cible. Il vise en effet les hommes homos avec un intérêt pour entre autres le bondage, etc., où le jeu de la puissance et de l’impuissance joue un rôle primordial. La croix est un élément connu dans plusieurs playrooms.

Chaque année, l’annonceur choisi un thème spécifique, cette année ça sera une certaine ‘religion’. C’est la raison du slogan ‘Worship your religion’. L’ambiguïté ici est qu’il ne met pas l’accent sur la religion comme la plupart des gens la connaissent. L’accent porte sur la passion intense que beaucoup d’amateurs du bdsm ressentent. Un style de vie qu’on adore et qu’on suit, comme si c’était une religion. L’artiste va exposer à l’événement et donner une conférence sur son travail.  Il a déjà pu montrer cette œuvre aux visiteurs lors de l’édition précédente de l’événement et les réactions étaient très élogieuses.

La publicité faite par l’annonceur est très ciblée et uniquement diffusée via des canaux qui visent directement son groupe cible. Il n’utilise pas les médias et les canaux réguliers. On doit presque aller la chercher pour la trouver. Des exemples où un média externe (comme le site internet auquel le plaignant renvoie) s’y réfère sont cependant possibles.

De toute façon, selon l’annonceur, ça ne fait pas très ‘Belgique en 2016’ d’être scandalisé par une telle image artistique qui est de plus uniquement partagée avec un groupe cible spécifique. Le symbole de la croix n’est pas uniquement utilisé dans le catholicisme mais aussi dans d’autres idéologies, dans ce cas le monde bdsm.

Décision du Jury

Le Jury a pris connaissance de l’image en question, comme elle apparaît sur la page Facebook de l’annonceur où l’événement « Darklands » est annoncé.

Suite à la réponse de l’annonceur, il a noté qu’il s’agit d’une œuvre du photographe néerlandais René Zuiderveld avec laquelle on essaie de renvoyer à l'univers homo-érotique bdsm dans lequel cadre l’événement annoncé, et que l’artiste va exposer à l’événement et donner une conférence sur son travail.

Le Jury est d’avis que l’image en question a donc un lien avec le thème de l’événement annoncé, plutôt que de renvoyer à une religion spécifique.

De plus, suite à la réponse de l’annonceur, le Jury a noté que la publicité en question ne vise que le groupe cible spécifique et n’est pas diffusée via les médias et les canaux réguliers.

Compte tenu de ce contexte global, le Jury est d’avis que la publicité n’enfreint pas les normes de décence couramment admises et n’est pas non plus de nature à dénigrer une conviction religieuse spécifique.

A défaut d’infraction aux dispositions légales et autodisciplinaires, le Jury a estimé n'avoir pas de remarques à formuler sur ce point. 

Suite

A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.