LA POSTE - 26/08/2008

Annonceur: 
LA POSTE
Produit/Service: 
Servipost
Média: 
Quotidien
Critères d'examen: 
Représentation de la personne/dignité humaine
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Commerce et distribution
Type de décision: 
Pas de remarque
Date de clôture: 
Mardi, 26 août 2008
Description de la publicité

L’annonce montre deux femmes parlant à côté d’une photocopieuse. L’une des femmes, portant une robe rouge à hauteur des genoux, un gilet et des chaussures à talons hauts rouges se tient à côté de la photocopieuse, avec des dossiers en mains. A côté d’elle, une bulle (à la façon des bandes dessinées ) : “Bij solinest lijkt het wel of het beheer van de post maar twee minuten per dag in beslag neemt”. L’autre femme, portant un chemisier, une jupe en jean à hauteur des genoux et des talons hauts, est en train de faire une copie. A côté d’elle, une bulle (à la façon des bandes dessinées ) : « Ik durf te wedden dat ze daar minstens 20 mensen aan hebben gezet ».

En dessous, texte suivant, avec à côté le logo de La Poste : “Business solutions. Bij solinest, verdeler van Ricola en verschillende kauwgom- en snoepmerken, is de dagelijkse hoeveelheid te frankeren en te verzenden post indrukwekkend. Nochtans neemt het bij hen maar twee minuten in beslag. Ze werken namelijk met Servipost : een dienst van De Post die de ophaling, frankering en verzending van alle post van hun bedrijf verzekert, zelfs de aangetekende brieven, op de afgesproken dag en tijdstip. Servipost : een oplossing van De Post waardoor u de zaken anders bekijkt”.

Texte en dessous dans un cadre : “Bel 02/423 25 70 of bezoek www.depost.be/voormijnbusiness om meer te weten over oplossingen voor uw postverkeer en de andere performante business oplossingen van De Post ».

Motivation de la plainte

Cette publicité est sexiste pour 2 raisons :

- le message est que les femmes au bureau occupent les fonctions administratives « les plus basses » : elles se limitent à prendre des copies et à discuter de courriers à trier.

- Elles sont habillées avec des vêtements dévoilant leurs jambes et avec des chaussures à talons hauts. Cela ne donne pas l’image de femmes réussissant au travail. Il s’agit davantage de l’image de la secrétaire sexy.

Cette campagne confirme le stéréotype sexiste selon lequel la femme n’est capable que d’occuper des fonctions d’exécutante au bureau, elle ne sait faire que papoter et elle s’habille de vêtements sexy pour plaire à son patron. ). Bien qu’il soit question de diversité ethnique dans cette publicité, le concept de 'equality in the workplace' est totalement absent.

Position de l'annonceur

D’emblée, l’annonceur a fait valoir que cette annonce s’inscrit dans le cadre d’une campagne générale dans laquelle La Poste entend présenter les avantages de ses produits pour le secteur des entreprises. L’objectif est de présenter ces produits dans un environnement « business » en montrant des situations de la réalité professionnelle au quotidien. L’annonceur a communiqué au Jury les autres annonces de cette campagne.

L’annonceur a précisé que cette campagne montre tant des hommes que des femmes dans un environnement professionnel, sans créer une quelconque forme d’inégalité ou de stéréotype. Selon l’annonceur, aucun élément dans cette campagne n’entretient l’idée selon laquelle les femmes occuperaient des fonctions administratives subalternes dans le secteur de l’entreprise. Au contraire, dans les autres annonces dont l’annonce en question fait partie, on voit tant des hommes que des femmes discuter des solutions de La Poste, sans qu’aucune hiérarchie ne soit suggérée.

Il a également précisé que l’image de deux jeunes secrétaires évoquant les services de Servipost constitue un choix logique vu que ce service (La Poste vient chercher le courrier et l’affranchit) signifie beaucoup de gain de temps pour l’entreprise, et en particulier pour le secrétariat qui est en général chargé de ce type de tâches.

L’annonceur a ajouté que le fait pour des collaboratrices de discuter de sujets de leur entreprise montre d’abord qu’elles se sentent à la maison dans leur entreprise et qu’elles se préoccupent de ces problèmes professionnels. Elles ne sont en aucun cas en train de « papoter » et se trouvent devant la photocopieuse car il s’agit d’une situation habituelle dans une entreprise. L’annonceur n’a donc pas voulu suggérer que le travail de ces collaboratrices se limite à faire des copies.

L’annonceur a fait savoir qu’il ne comprend pas en quoi l’habillement de ces dames peut être qualifié de sexy. Leurs robes et chaussures à talons hauts démontrent davantage un style distingué dans un environnement professionnel sérieux. Le fait d’affirmer qu’elles s’habillent de la sorte pour plaire à leur patron constitue une pure interprétation et ne peut pas être déduit de l’annonce.

L’annonceur a enfin précisé être d’avis que sa campagne publicitaire ne comprend aucune infraction aux règles du JEP en matière de représentation de la personne dans la publicité (en particulier le point 4 relatif au fait de contribuer à perpétuer des stéréotypes allant à l’encontre de l’évolution de la société). Il a fait savoir qu’il est étonné et regrette que cette annonce ait été interprétée comme sexiste ou dénigrante.

Décision du Jury

Le Jury a constaté que cette annonce montre deux femmes dans un environnement de travail discutant d’une entreprise où la gestion du courrier ne prend pas beaucoup de temps, ceci afin de promouvoir le produit Servipost.

Le Jury est d’avis que cette annonce ne contient pas d’élément qui indique que les femmes au bureau occupent les fonctions administratives les plus basses. Tout le monde fait parfois des copies et pas seulement les employés subalternes. Il estime dès lors que cette annonce ne peut être perçue comme stéréotypée ou dénigrante vis-à-vis des femmes.

Le Jury estime également que l’habillement ne peut aucunement être qualifié de provocant et que par conséquent cette annonce ne propage pas le message que les femmes s’habilleraient d’une certaine manière pour plaire à leur patron. Cette annonce n’est dès lors pas de nature à porter atteinte à la dignité de la femme.

A défaut d’infraction à des dispositions légales ou d’autodiscipline, le Jury a estimé ne pas devoir formuler de remarques.

A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.