JOHNSON & JOHNSON - 02/12/2014

Annonceur: 
JOHNSON & JOHNSON
Produit/Service: 
Perdolan Compositum
Média: 
Télévision
Critères d'examen: 
Loyauté
Véracité
Légalité
Autres
Initiative: 
Association de consommateurs
Catégorie: 
Santé
Type de décision: 
Autre
Date de clôture: 
Mardi, 2 décembre 2014
Description de la publicité

Dans le spot, la VO mentionne entre autres ce qui suit et on peut également lire: « Une triple action pour effacer rapidement votre mal de tête. ». On voit le dessin d’un visage et le mal de tête est peu à peu gommé.

En dessous, texte à l’écran: « Perdolan Compositum est un médicament. Pas d’utilisation prolongée sans avis médical. Ne pas administrer aux enfants de moins de 12 ans. Ne pas utiliser pendant la grossesse ne en cas d’ulcère gastrique ou duodénal. Ne pas utiliser en cas d’allergie aux salicylates ou aux anti-inflammatoires non stéroïdiens. Lisez attentivement la notice. » puis nom de la société et numéro de visa.

Motivation de la plainte

Le plaignant est d’avis que le spot publicitaire est en infraction avec l’article 9 de la Loi du 26 mars 1964 sur les médicaments et avec l’article 7, 2° de l’Arrêté royal relatif à l’information et à la publicité concernant les médicaments à usage humain.

Cette publicité affirme que Perdolan Compositum fonctionne mieux (qu’un autre médicament contre les maux de tête, composé de moins de constituants) parce qu’il est composé de trois constituants actifs: acide acétylsalicylique, paracétamol et caféine. Cette affirmation est trompeuse et ne favorise pas la consommation rationnelle de médicaments, au contraire.

La valeur d’un médicament est jugée sur base de l’équilibre entre l’efficacité et la sécurité. Selon le plaignant, cet équilibre est ici négatif.

Cette plus-value spécifique de l’association paracétamol et acide acétylsalicylique n’est pas prouvée. La caféine est parfois associée à des sédatifs mais on doute du degré dans lequel cela renforce le fonctionnement du sédatif. Des associations avec de la caféine semblent uniquement avoir un effet positif dans le cas de céphalées de tension.

La sécurité de ce médicament est problématique. En effet: plus il y a d’ingrédients, plus élevé est le risque d’effets secondaires.

De plus, la caféine peut engendrer des troubles digestifs et intestinaux et l’insomnie. La consommation de fortes doses de caféine pendant une longue durée mène aussi à la dépendance et provoque, quand on arrête brusquement la prise de caféine, des symptômes de désintoxication tels que des maux de tête. En général, des associations avec de la caféine ne sont pas à recommander.

Enfin, on soupçonne la combinaison de paracétamol et d’acide acétylsalicylique de causer de graves dommages aux reins.

Cette publicité est donc trompeuse et est aussi une infraction à l’article VI.97 du Code de droit économique.
 

Position de l'annonceur

L’annonceur a entre autres communiqué ce qui suit.

Sa spécialité Perdolan Compositum (en comprimés) est un sédatif qui a obtenu une autorisation de vente sur les marchés de l’Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé (AFMPS). Perdolan Compositum est enregistré comme médicament, disponible sans prescription en pharmacie. Ainsi, sur base de l’article 9 de la loi sur les médicaments, la publicité auprès du public est autorisée.

Perdolan Compositum fait l’objet d’une campagne publicitaire à la télévision, qui a été validée par l’AFMPS et a obtenu un numéro de visa.

La commission visa de l’AFMPS est l’institution officielle spécifique qui rend des avis scientifiques sur les spots publicitaires pour des médicaments.

Ainsi que le JEP l’a déjà précisé dans d’autres dossiers, la demande de visa est accompagnée d’éléments indéniables pour le contrôle de la véracité de l’information diffusée. La publicité en question a également été soumise à un tel contrôle.

En d’autres mots, cela veut dire que l’AFMPS, composée de membres de la société scientifique, s’est déjà prononcée sur la légalité du spot publicitaire incriminé.

Cet organisme a approuvé les données concernant Perdolan Compositum qui apparaissent dans le spot publicitaire et est dès lors d’avis que le spot ne stimule pas une consommation excessive ou irresponsable du produit, n’est pas trompeuse, ne comporte aucune comparaison illicite et que les avertissements suivants concernant les risques potentiels du produit suffisent:
- « Pas d’utilisation prolongée sans avis médical.
- Ne pas administrer aux enfants de moins de 12 ans.
- Ne pas utiliser pendant la grossesse ne en cas d’ulcère gastrique ou duodénal.
- Ne pas utiliser en cas d’allergie aux salicylates ou aux anti-inflammatoires non stéroïdiens.
- Lisez attentivement la notice. »

Etant donné que le spot publicitaire incriminé ne comporte que des informations objectives sur le produit, ainsi que des avertissements clairs concernant les risques potentiels, et ce conformément aux obligations spécifiques en matière de publicité télévisuelle pour les médicaments, l’annonceur estime que la plainte est non fondée.

Décision du Jury

Le Jury a constaté que la plainte concerne la publicité télévisuelle pour un médicament qui peut être obtenu sans prescription et dont la publicité auprès du public est soumise à l’Arrêté royal du 7 avril 1995 relatif à l’information et à la publicité concernant les médicaments à usage humain.

Le Jury a noté que l’Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé a également été saisie d’une plainte et que la Commission de Contrôle de la publicité des médicaments de cette agence doit rendre des avis concernant les demandes de visa préalables relatives à la publicité télévisuelle pour les médicaments, conformément aux articles 16 et 17 de l’AR du 7 avril 1995.

Vu ce qui précède, le Jury a dès lors décidé de s’abstenir dans ce dossier sur base de l’article 2 de son règlement.

Suite

A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.