HÖRMANN - 20/03/2019

Annonceur: 
HÖRMANN
Produit/Service: 
Portes
Média: 
Radio
Critères d'examen: 
Responsabilité sociale
Représentation de la personne/dignité humaine
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Habitat et mobilier
Type de décision: 
Avis de réserve
Date de clôture: 
Mercredi, 20 mars 2019
Description de la publicité

Le spot radio se déroule comme suit.
On entend une femme siffler.
La deuxième femme : « Mais, qu’est-ce que tu fais ?! »
Femme 1 : « Quoi, tu le trouvais pas canon ce mec ? »
Femme 2 : « Euh … »
Femme 1 : « C’est quoi alors ton genre ? »
Femme 2 : « Pour moi, un homme doit être beau et avoir du succès et je dois vraiment pouvoir lui faire confiance. »
Femme 1 : « Mmh »
Femme 2 : « Et il doit me faire sentir en sécurité, quelqu’un sur qui on peut compter. Superman quoi ! »
Femme 1 : « Non mais ça c’est pas Superman, c’est Hörmann ! »
Femme 2 : « Mais … mais oui en fait. »
VO : « Hörmann, le numéro 1 en Europe en portes de garage et d’entrée. ».

Motivation de la plainte

Le plaignant a communiqué que cette publicité, qui ne prend pas du tout un tour humoristique, banalise de manière affligeante le harcèlement en rue. Selon lui, en présentant une femme sifflant un homme, on semble vouloir s'affranchir du problème omniprésent des actions désobligeantes envers les femmes dans l'espace public. Néanmoins, en mettant en scène des personnages considérant cette action comme normale, on la présente comme acceptable peu importe vers qui elle est dirigée et de qui elle vient.
Il attire particulièrement l'attention sur les mots de la première femme, surprise de la réaction de son amie, qui exprime clairement et sans équivoque l'idée que si une personne nous plaît en rue, il est absolument normal de la siffler. La deuxième femme ne remet absolument pas en cause le fond de la question.
Parallèlement à cela, l'image de l'homme "idéal", telle que fournie par la deuxième femme, est selon lui particulièrement dégradante et rétrograde pour la femme, tout en faisant la promotion d'une société patriarcale.

Position de l'annonceur

L’annonceur a communiqué que pour décrire son produit dans le spot, il a pensé à comparer « la porte de garage idéale » à « l’homme idéal ». Il n’avait nullement l’intention de brosser le portrait de l’homme idéal mais voulait recourir à une formule humoristique et accessible pour souligner les qualités de son produit.
Il comprend toutefois que le fait de « siffler » ainsi ne soit pas toujours bien vu. Il ne cherchait pas expressément à ce que la deuxième femme approuve indirectement ce comportement dans le spot radio (contrairement à ce qui est prétendu dans la plainte). Il constate maintenant que les choses peuvent être interprétées différemment (indépendamment de sa volonté évidemment). À l’avenir, il n’utilisera plus ce spot publicitaire.

Décision du Jury

Le Jury a constaté que le spot radio met en scène deux femmes dont l’une siffle un homme et l’autre évoque son genre d’homme et ce, dans le cadre de la promotion de portes de garage et d’entrée.

En ce qui concerne l’image de l’homme évoquée et la réaction du plaignant à cet égard, le Jury est d’avis que la publicité n’est pas de nature dénigrante pour les femmes.

Par rapport au fait qu’une femme siffle un homme dans le spot et à la réaction du plaignant qui considère qu’on banalise ainsi cette action peu importe vers qui elle est dirigée, le Jury est d’avis que, dans le cas présent, la publicité ne propage pas une image dévalorisante de la personne humaine et ne porte pas non plus atteinte à la dignité humaine. Selon lui, le fait que la publicité évoque ainsi de manière légère un comportement inconvenant dans l’espace publique pose néanmoins question, surtout dans le contexte social actuel relatif au harcèlement en rue.

Le Jury est dès lors d’avis que le spot radio concerné est susceptible de provoquer des réactions négatives auprès d’une partie du public et a donc estimé devoir formuler un avis de réserve conformément à l’article 1 de son règlement et en appelle à la responsabilité de l’annonceur.

Un avis de réserve implique que l’annonceur est libre concernant la suite qu’il donne à cet avis.

Suite

A cet égard, le Jury a pris bonne note du fait que l’annonceur a communiqué qu’il n’utilisera plus ce spot publicitaire à l’avenir.