GAIA - 12/05/2020

Annonceur: 
GAIA
Produit/Service: 
Campagne pour la fermetures des marchés humides
Média: 
Quotidien
Critères d'examen: 
Loyauté
Responsabilité sociale
Autres
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Autres biens et services
Type de décision: 
Pas de remarque
Date de clôture: 
Mardi, 12 mai 2020
Description de la publicité

L’annonce avec le titre « Nous en avons assez ! » contient une image d’animaux, chacun avec une pancarte avec un texte. Un pangolin avec "Covid-19", un cochon avec "Peste porcine", une vache avec "Maladie de la vache folle", une poule avec "Grippe aviaire", une chauve-souris avec "Ebola" et une civette avec "SRAS". 

En-dessous le texte suivant : 
« Du Covid-19. D’Ebola. Du SRAS. De la grippe aviaire. De l’ESB. De Creutzfeldt-Jakob. De la peste porcine...Des marchés humides, du sang partout, des viscères, des différentes espèces abattues à ciel ouvert. Du commerce d’animaux sauvages et d’espèces protégées, capturées dans la nature. Et des destructions des biotopes. De la viande de brousse, également en vente en Belgique. Des transports d’animaux vivants sur de longue distance et des milliers de kilomètres de calvaire. Des marchés aux bestiaux, propagateurs de maladies animales. Des fermes industrielles, de l’élevage intensif, des animaux confinés dans des bâtiments surpeuplés, traités comme des produits. » 

En dessous, à côté du logo de l’annonceur (« GAIA – Voice of the Voiceless ») :  
« Zoonoses. Épidémies. Pandémies. Maladies animales. Peste porcine. ESB. Creutzfeldt-Jakob. Grippe aviaire. Ebola. SRAS. Covid-19. Souffrance animale. Souffrance humaine. Ça suffit ! 
Plus d’info sur : www.gaia.be ». 

Motivation de la plainte

1) Selon la plaignante, GAIA exploite l’actuelle pandémie de Covid-19 qui occasionne beaucoup de souffrance humaine pour gagner quelques points par rapport à la souffrance animale. Elle reconnaît que la Covid-19, le SARS et Ebola sont causés par différents abus et est tout à fait d’accord qu’il faut y mettre un terme. Mettre des cochons, des vaches et des poules sur cette même affiche la dérange cependant. L'agriculture n'en est pas la cause. Les maladies animales qui ont sévi en Belgique ces dernières années ne trouvent pas leur cause ici. Selon elle, il est donc inapproprié d'assimiler l'agriculteur / l’éleveur à ceux qui sont à l'origine de la Covid-19, etc. Elle pense que GAIA déforme la vérité pour renforcer son message et a dépassé ici les limites de la décence. 

2) Le plaignant se demande si l’information dans l’annonce est correcte ou s’il s’agit de pure manipulation de l’opinion publique et d’intimidation et si c’est éthiquement responsable ces temps-ci. 

Position de l'annonceur

L'annonceur a communiqué que nulle part dans le texte accompagnant l'annonce, les agriculteurs ou les éleveurs ne sont personnellement visés ou tenus pour responsables de la pandémie actuelle ou de tout autre foyer de maladies ou d'épidémies animales. Le mot agriculteur ou éleveur n'apparaît nulle part dans l'annonce ou dans le texte. Il s'agit pour lui d'une critique du système global. L'image avec le texte indique en termes très généraux, très succincts et loin d'être exhaustifs, l'impact destructeur ou désastreux que les systèmes mentionnés, les maladies animales et les épidémies ont ou ont eu sur les animaux et que ceux-ci affectent un nombre hallucinant d'animaux qui en souffrent et en sont systématiquement les victimes. Il a ajouté qu'une annonce n'est bien sûr pas un tract scientifique et que les plaignants lui semblent donc être particulièrement susceptibles. 

En tant qu'organisation de défense des droits des animaux, il lutte contre les systèmes et les pratiques de production de viande qui touchent un très grand nombre d'animaux. Il est évident que les pandémies zoologiques provoquent des souffrances humaines. Cependant, toutes les flambées d'épidémies, de pandémies et de maladies animales de toutes sortes mentionnées dans la publicité ont également chaque fois causé beaucoup de souffrances animales et/ou entraîné la destruction de vies animales. Il a voulu attirer l'attention sur cela à l’aide de la publicité qui ne ment nulle part et qui vise à faire réfléchir les gens à toute cette souffrance animale en plus de la souffrance humaine qui affecte maintenant le monde. De plus, divers scientifiques réputés, y compris des représentants de l'Organisation mondiale de la santé, font le même diagnostic et soulignent les risques pour la santé humaine des systèmes industriels/intensifs d'élevage et de production de viande. 

L'annonceur pense que ne pas cesser actuellement d'attirer l'attention sur la souffrance animale est son droit et son devoir. C'est pourquoi il a également lancé son propre service d'assistance téléphonique pour les personnes ayant des questions et des préoccupations concernant leurs animaux de compagnie et il met également le doigt là où ça blesse. Les zoonoses ne proviennent pas uniquement du contact humain avec des animaux sauvages. Il s'agit pour lui de l'attitude systématique envers les animaux, qui engendre non seulement des souffrances animales et un impact désastreux sur la santé animale mais souvent aussi des risques pour la santé humaine. 

Il a également fait valoir que l'ESB était causée par des aliments pour animaux contaminés et que des animaux avaient ensuite été massacrés en masse. Il a également communiqué qu'un raisonnement similaire s'applique aux autres exemples et a fait référence à certaines citations de la littérature sur la peste porcine, la grippe porcine et la grippe aviaire. Sur cette base, il a indiqué que l'élevage industriel et le transport international d'animaux jouent un rôle crucial et peuvent être un facteur déterminant. Selon l'annonceur, l'élevage industriel n'est donc pas simplement la misérable victime de ces épidémies, mais cela ne change rien au fait qu'il ne vise pas personnellement les éleveurs ni ne les tient personnellement responsables de la pandémie actuelle. 

Décision du Jury

Le Jury a pris connaissance de l’annonce en question et des plaintes qui la concernent. 

Il a tout d’abord souligné qu’il se limite à examiner le contenu de la publicité en question, sans se pencher sur le débat relatif aux différentes causes de maladies ou d'infections transmises des animaux aux humains ou zoonoses, qui ne ressort pas de sa compétence. 

Le Jury a ensuite examiné l’annonce, en particulier à la lumière des Règles du JEP en matière de publicité non commerciale. 

À cet égard, le Jury a noté que l'annonceur a indiqué dans sa réponse qu'en tant qu'organisation de défense des droits des animaux, il souhaitait attirer l'attention avec l'annonce en tant que critique du système global sur le fait que les flambées d'épidémies, de pandémies et de maladies animales de toutes sortes mentionnées dans la publicité ont également chaque fois causé beaucoup de souffrances animales en sus des souffrances humaines, et souligner les risques pour la santé humaine des systèmes industriels/intensifs d’élevage et de production de viande 

Il a également constaté que le logo de l’annonceur (“GAIA – Voice of the Voiceless”) figure clairement sur la publicité et que le public sait donc non seulement à quel type d’argumentation il peut s’attendre mais qu’on peut également considérer qu’il est conscient qu’il s’agit ici d’un point de vue dans un débat complexe avec des partisans et des opposants dans lequel le Jury, il convient de le rappeler, ne peut pas s’exprimer en tant que tel. 

En ce qui concerne l'image centrale de la campagne avec les textes d'accompagnement, le Jury est de plus d'avis qu'il ne ressort pas de l'annonce que les agriculteurs/éleveurs seraient personnellement visés ou tenus pour responsables de la pandémie de coronavirus actuelle mais place plutôt celle-ci dans le cadre d'une problématique plus large à l'aide d'un texte certes critique mais descriptif. 

Il a en particulier estimé que le message que l’annonceur veut ainsi communiquer ressort clairement de l’annonce. Le Jury est également d’avis que le concept et l’élaboration de l’annonce présentent un lien direct avec le message à transmettre et la finalité recherchée par la campagne et présentent une proportionnalité avec le but de sensibilisation recherché par l'annonceur. 

Le Jury est donc d’avis que, à travers son message, cette annonce non commerciale vise donc bien surtout à soulever un problème du point de vue de l'annonceur concernant les inconvénients liés à une certaine attitude envers les animaux sans qu'il ne s'agisse toutefois pour autant, du point de vue du consommateur moyen, d'une communication stigmatisante envers les agriculteurs/éleveurs ou d'une communication qui inspire inutilement la peur. 

Dans ce contexte, le Jury a dès lors estimé que la publicité ne dénigre pas une catégorie de personnes et n’exploite pas les sentiments de peur, de malchance ou de souffrance. 

Il a également estimé que la publicité n’est pas non plus contraire aux différents points des Règles du JEP en matière de publicité non commerciale. 

A défaut d’infraction aux dispositions légales et autodisciplinaires, le Jury a estimé n'avoir pas de remarques à formuler sur ces points. 

Suite

A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.