ETHIAS - 06/07/2016

Annonceur: 
ETHIAS
Produit/Service: 
Assurance familiale
Média: 
E-mailing
Critères d'examen: 
Responsabilité sociale
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Finance et assurances
Type de décision: 
Décision de modification ou d’arrêt
Date de clôture: 
Mercredi, 6 juillet 2016
Description de la publicité

L’e-mail avec le logo d’Ethias et le texte « Un accident est si vite arrivé. Saviez-vous que la sérénité ne coûte pas forcément cher ? » contient l’image d’un personnage Ethias et entre autres le texte suivant : « Si, en tapotant sur votre téléphone, vous faites tomber le cycliste qui passe devant vous … - … qui veille alors à ce que votre tirelire reste intacte ? » (“Als je al sms’end tegen een fietser aanloopt en die vervolgens tegen de vlakte gaat … - … wie zorgt er dan voor dat je spaarvarken intact blijft?” in het Nederlands). En dessous, dans un cadre rouge « Je veux de la sérénité ». En cliquant dessus, on arrive sur une page du site de l’annonceur avec des informations sur l’assurance familiale.

Motivation de la plainte

1) Le plaignant est personnellement très choqué par cette publicité. Via celle-ci, l’annonceur "excuse" un comportement extrêmement dangereux (ce n’est pas grave, on s'occupe de votre portefeuille). De plus, être inattentif (comme tapoter sur son téléphone) est une infraction.

2) Le plaignant trouve cette publicité très choquante : d'une part, elle banalise l'utilisation du GSM au volant, ce qui est interdit par la loi ; d'autre part, elle fait passer pour rien les dommages au cycliste, en regard du "préjudice" pour le portefeuille du conducteur "distrait" (ou plutôt hors-la loi).

3) Selon le plaignant, cette publicité incite à des actes volontairement dangereux et illégaux.

Position de l'annonceur

L’annonceur a communiqué que la publicité en question était un e-mailing très ciblé dont le but était de rappeler aux assurés l’importance d’une couverture responsabilité civile familiale dans de nombreuses situations de la vie quotidienne. Il a développé 8 versions différentes partant d’une situation propre à chaque cible.

Pour cette cible (2876 assurés plus jeunes, pour la plupart sans enfant), il a voulu illustrer le phénomène grandissant de la distraction liée à l’utilisation d’un smartphone par les piétons : le constat est là, de plus en plus de personnes se promènent en rue les yeux rivés sur leur portable. Ce comportement met en danger le piéton lui-même mais également les autres usagers faibles, dont les cyclistes.

L’exemple mettait en avant un accident entre deux usagers faibles (un piéton et un cycliste) mais il a été malencontreusement associé à un accident de voiture dû à une infraction au volant. Cela en donne une lecture tout à fait différente, ce que l’annonceur regrette bien sûr vivement car telle n’était pas du tout sa volonté. Dans la version en néerlandais, l’utilisation du mot « aanlopen » rend évident le fait qu’il évoquait un piéton et n’a d’ailleurs suscité aucune réaction.

En tant qu’assureur, la prévention est essentielle et fait partie de ses priorités. Il investit d'ailleurs dans divers projets de sensibilisation et sa volonté n’est certainement pas d'encourager les comportements à risque et les négligences dans le chef des assurés.

L’annonceur a ajouté qu’il est évident que cet e-mail ne sera plus utilisé.

Décision du Jury

Le Jury a constaté que l’annonceur a adressé un e-mail à son groupe cible, qui mentionne entre autres le texte suivant dans sa version en français : « Si, en tapotant sur votre téléphone, vous faites tomber le cycliste qui passe devant vous … qui veille alors à ce que votre tirelire reste intacte ? ».

Suite à la réponse de l’annonceur, le Jury a noté qu’il a voulu illustrer le phénomène de la distraction liée à l’utilisation d’un smartphone par les piétons. Il a également noté que l’annonceur renvoie à cet égard à la version en néerlandais de l’e-mail qui utilise les termes suivants : « Als je al sms’end tegen een fietser aanloopt… ».

Le Jury est néanmoins d’avis qu’il ne ressort pas directement clairement des éléments visuels et textuels de l’e-mail en français que celui-ci a trait à une assurance familiale et que la scène évoquée concerne un piéton et un cycliste. Le Jury est d’avis que la situation en question risque d’être interprétée par le consommateur moyen comment étant un accident entre une voiture et un vélo, dû à une infraction au volant.

Le Jury a donc estimé que la publicité en question ainsi interprétée semble banaliser et tolérer un comportement légalement interdit.

Le Jury a dès lors estimé que cette publicité témoigne d’un manque de juste sens de la responsabilité sociale dans le chef de l’annonceur.

Sur la base des articles 1 alinéa 2 et 4 alinéa 3 du code de la Chambre de Commerce Internationale, le Jury a dès lors demandé à l’annonceur de modifier la publicité et à défaut de ne plus la diffuser.

Suite

A cet égard, le Jury a noté que cet e-mail ne serait plus utilisé.