DR BLUES BELGIAN BREWS - 08/03/2021

Annonceur: 
DR BLUES BELGIAN BREWS
Produit/Service: 
Covid-19 Survival Kit
Média: 
Internet
Critères d'examen: 
Autres
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Boissons
Type de décision: 
Décision de modification ou d’arrêt
Date de clôture: 
Lundi, 8 mars 2021
Description de la publicité

Le post Facebook sponsorisé concerné par la plainte contient le texte suivant avec un émoji d’un professionnel de la santé : « This basic survival kit offers the optimal remedies for all your lockdown pains. In the box, with a magnificent vintage loo… ».
En dessous, le nom et le logo de l’annonceur, « World’s first Covid-19 therapy », le dessin d’une infirmière avec le texte « Just what the doctor ordered », l’image d’une boîte avec « single dose » et d’une autre avec « double dose » et « Get your therapy at www.drblues.com ».
En dessous, « Everything you need to treat your lockdown symptoms! World first: survive the lock…”.

Motivation de la plainte

Le plaignant se réfère au fait que Dr Blues annonce qu'il va soigner l'ensemble des symptômes liés au lockdown/Covid.
Selon lui, il s’agit d’une association entre consommation de bières et bien être, d’une mise en avant de l'effet antidépresseur de l'alcool et d’une association entre médecine et consommation d'alcool.

Position de l'annonceur

L’annonceur a communiqué que son image publicitaire a été mal interprétée par le plaignant et qu'il n'a jamais prétendu qu'une bière pouvait être un traitement contre le coronavirus, ce qui serait idiot. Sa publicité était plutôt conçue comme une action ludique en ces temps étranges, pour aider l'horeca. Le mot « therapy » dans l'annonce faisait en fait référence à la thérapie pour l'horeca et non pour les personnes atteintes du corona et il se réfère à cet égard à un article de presse relatif à son programme de soutien à l’horeca.
Il remercie le plaignant qui a porté ceci à son attention et il a retiré cette publicité bien qu'il ne comprenne pas qu'on puisse mal interpréter sa publicité comme promouvant un remède contre la Covid-19.
L'annonceur a ajouté que son site web contient la mention suivante : « All phrases and names suggestive of therapy are used in a fictitious manner » et a également fourni plus d'informations sur le propriétaire de la marque, le Professeur Dr Hadzic, influent clinicien, chercheur et éducateur en médecine.

Décision du Jury

Le Jury a examiné ce dossier en tenant compte des arguments des parties concernées et dans le cadre de la Convention en matière de publicité et de commercialisation des boissons contenant de l’alcool (ci-après : la Convention).

Il a pris connaissance du post Facebook sponsorisé en question et de la plainte qui le concerne.

Il a noté que la plainte indique clairement qu’il s’agit dans la publicité visée de l’association entre la consommation de bière et le bien-être et la guérison de tous les symptômes, non seulement ceux liés à la maladie Covid-19 mais aussi ceux liés au confinement, en soulignant l'effet antidépresseur de l'alcool.

Il a également pris connaissance de la réponse de l’annonceur qui décrit son action comme « thérapie économique » pour l’horeca et qui résume la plainte de manière restrictive comme une interprétation erronée selon laquelle sa publicité prétendrait que la bière peut être un traitement contre une infection du coronavirus.

À ce sujet, le Jury attire l’attention sur le fait qu’il doit se prononcer sur la base de la plainte sur le post Facebook sponsorisé concerné qui, à son avis, constitue d’abord clairement une promotion pour les bières de l'annonceur, et qu’il n’examine pas l'action sous-jacente en tant que telle qui visait apparemment aussi à soutenir l’horeca.

Selon le Jury, le post Facebook en question doit donc être examiné sur la base de la plainte non seulement à la lumière des dispositions de la Convention relatives à la publicité alcool et à la santé mais aussi des dispositions relatives à la publicité alcool et aux effets psychologiques et physiques favorables.

Or, le Jury est d’avis que la publicité, en affirmant que le « survival kit » avec de la bière « offers the optimal remedies for all your lockdown pains » et « Everything you need to treat your lockdown symptoms!” associe clairement la consommation de boissons alcoolisées à des effets psychologiques et physiques favorables permettant de combattre certains problèmes physiques, psychologiques ou sociaux ou de diminuer, voire supprimer, des états d’angoisse ou des conflits sociaux ou psychologiques, au sens de l’article 3.2 de la Convention.

Il a dès lors estimé que le post Facebook concerné est contraire à la disposition susmentionnée.

Le Jury est également d'avis que, dans le contexte de cette publicité, les mentions « World’s first Covid-19 therapy » et « Get your therapy at www.drblues.com » semblent faire référence à des thérapies personnelles au bénéfice des consommateurs visés par la publicité, dont éventuellement des thérapies pour des maladies mentales telles que la dépression, plutôt qu'à une thérapie destinée à l’horeca en difficulté comme le soutient l'annonceur dans sa réponse.

Il a dès lors estimé que la publicité concernée est également contraire aux articles 6.2 et 6.4 de la Convention qui stipulent que la publicité pour des boissons contenant de l’alcool ne peut pas établir un lien entre la consommation de boissons contenant de l'alcool et l’amélioration de l’état de santé et ne peut pas donner l’impression que les boissons contenant de l'alcool sont susceptibles de faire disparaître, de soulager ou de prévenir certaines maladies.

Le Jury regrette également la référence à une telle « thérapie » fictive en ces temps difficiles où de nombreuses personnes, en raison de la crise sanitaire et du confinement, doivent se faire soigner pour leurs graves conséquences.

A titre surabondant, le Jury a également constaté que le slogan éducatif requis par l'article 11.1 + Annexe B de la Convention n'est pas mentionné dans le post Facebook sponsorisé en question.

Compte tenu de ce qui précède et sur la base des dispositions susmentionnées le Jury a donc demandé à l’annonceur de modifier la publicité en question et à défaut de ne plus la diffuser.

Suite

À ce sujet, le Jury a noté que la diffusion du post Facebook concerné a déjà été arrêtée par l’annonceur après réception de la plainte.