DE TUUT VAN TEGENWOORDIG - 03/09/2018

Annonceur: 
DE TUUT VAN TEGENWOORDIG
Produit/Service: 
Campagne sur les acouphènes
Média: 
Télévision
Critères d'examen: 
Responsabilité sociale
Représentation de la personne/dignité humaine
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Autres biens et services
Type de décision: 
Décision de modification ou d’arrêt
Date de clôture: 
Lundi, 3 septembre 2018
Description de la publicité

Au début du spot, l’écran affiche “detuutvantegenwoordig.be”.
On voit un jeune homme à la table du petit déjeuner et une jeune femme un peu forte qui vient s’asseoir à côté de lui avec un sourire.
VO: “Kende dat? Met iets uw bed induiken en er dan niet meer vanaf geraken? Ik heb dat dus voor eh.”
On voit l’homme et la femme ensemble dans un bain et faire un pique-nique dans un parc. La femme donne un baiser à l’homme et met sa tête sur son épaule.
VO: “En nu laat dat mij geen seconde gerust. (bip qui devient de plus en plus fort) Overal waar dat ik ga, gaat dat ook.”
Ensuite, des images de la femme qui vient s’asseoir à côté de l’homme dans un canapé, qui est assise derrière lui sur un banc et met sa main sur son dos et qui vient se coucher dans son lit.
VO: “Mijn sociaal leven is kapot. En het ergste? ’s Nachts.”
Texte à l’écran: “1 op 5 jongeren moet na gehoorschade door het leven met een permanente pieptoon. Ontdek hoe je jezelf kan beschermen op detuutvantegenwoordig.be.”

Motivation de la plainte

1) La plaignante trouve la publicité dans laquelle les acouphènes sont comparés à la compagnie d’une fille corpulente complètement dénigrante et plus de ce temps.

2) La plaignante a communiqué que souffrir d’acouphènes est présenté comme quelque chose qui te gêne pendant toute la journée, qui est présent lors de toutes tes activités, et que l’image présente est celle d’une femme corpulente qui vient constamment s’asseoir contre l’homme. Elle trouve cette image très gênante et sexiste. Bien qu’elle comprenne la gravité du problème, elle est d’avis qu’une autre image pour l’illustrer serait plus appropriée.

Position de l'annonceur

L’annonceur a communiqué qu’il trouve bien sûr très dommage que son spot provoque de telles réactions, et que ça n’était pas son intention.
Avec son spot, il voulait tout d’abord attirer l’attention sur une affection trop sous-estimée et pourtant facile à prévenir, les acouphènes. Une fois que tu en as, c’est trop tard et tu les as pour le reste de ta vie.
Son spot (qui a par ailleurs été créé et écrit par deux femmes) montre un couple aimant qui essaie ensemble de faire face au problème du garçon. Mais au début, le spot met le spectateur sur la mauvaise piste. On entend le garçon se plaindre de ses acouphènes, dans des termes qui ne sont pas méconnus des gens qui ont des acouphènes, et on pense d’abord qu’il parle de son ‘one night stand’.
L’annonceur comprend bien sûr qu’il a ici cherché les limites. La raison pour laquelle il trouvait que le spot valait la peine d’être diffusé, c’est comment il renverse les attentes et la perception à la fin. A ce moment-là, il s’avère que la petite amie n’est pas un ‘one night stand’ affectueux, mais qu’il s’agit d’un couple dans une relation solide et de soutien.
En ce sens, l’annonceur est déçu que les spectateurs n’aient pas dépassé ces préjugés malgré la fin du spot où ils sont clairement réfutés. Il lui semble dès lors que regarder le spot encore une fois est une meilleure solution que de ne plus le diffuser du tout, mais apparemment un préjugé ne peut pas être montré, même si on montre dix secondes plus tard que c’est faux.

Décision du Jury

Le Jury a pris connaissance du spot TV en question et des plaintes qui le concernent.

Suite à la réponse de l’annonceur, il a noté qu’il a voulu attirer l’attention sur l’affection sous-estimée des acouphènes, à l’aide d’un spot qui met le spectateur sur la mauvaise piste mais vise à représenter un couple aimant qui essaie ensemble de faire face au problème du jeune homme.

Le Jury est néanmoins d’avis que ce spot communique bien le message que la femme montrée ne répond pas à une image idéale à cause des ses caractéristiques physiques et est choisie pour cette raison pour personnifier l’affection indésirable, et est d’avis que la représentation apparemment visée par l’annonceur, comme mentionné ci-dessus, n’est pas de nature à supprimer cette perception.

Il est également d’avis que ce spot montre une relation entre personnes au sein de laquelle l’homme montre du rejet vis-à-vis de la femme parce qu’elle ne répond pas à une certaine image apparemment préférable et que, en l’espèce, il est donc bien question de la création d’une image négative autour de personnes qui ne répondent pas à cette image.

Selon le Jury, cela est en l’espèce d’autant plus problématique compte tenu du jeune groupe cible du spot.

Dans ce contexte, le Jury a donc estimé que le spot en question porte bien atteinte à la dignité humaine et est dénigrant pour un certain groupe de personnes.

Compte tenu de ce qui précède et sur la base des articles 1, alinéa 2, 4, alinéa 1 et 12 du Code de la Chambre de Commerce Internationale (Code ICC), le Jury a donc demandé à l’annonceur de modifier la publicité et à défaut de ne plus la diffuser.

Suite

L’annonceur a confirmé qu’il respectera la décision du Jury.