BRASSERIE DUBUISSON - 23/05/2017

Annonceur: 
BRASSERIE DUBUISSON
Produit/Service: 
Bière Bush
Média: 
Radio
Critères d'examen: 
Responsabilité sociale
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Boissons
Type de décision: 
Pas de remarque
Date de clôture: 
Mardi, 23 mai 2017
Description de la publicité

VO : « Découvrons avec Stéphane Bern, l’histoire de la bière Bush. Une bière qui contient les secrets de huit générations de brasseurs. »
Stéphane Bern : « Eté 1917, les Allemands réquisitionnent tous les cuivres pour en faire des munitions. »
On entend le bruit d’une patrouille allemande avec des chiens et une voix d’homme : « Im Namen des Kaisers, ces cuves sont confisquées. »
Stéphane Bern : « Pour ne rien céder à l’ennemi, Clovis Dubuisson décide de détruire les cuves en cuivre de sa brasserie. »
Voix d’homme (Clovis Dubuisson) : « Les cuves elles sont faites pour brasser de la bière pas pour armer les boches. »
Stéphane Bern : « Les cuves seront découpées et jetées dans l’étang afin d’être hors de portée de l’occupant. Une famille d’aussi fortes têtes ne pouvait faire que de la Bush. Bush, on sait d’où vient son caractère. »
VO : « Une bière brassée avec savoir, se déguste avec sagesse. »

Motivation de la plainte

La publicité fait référence aux boches en parlant de la population allemande. Le plaignant trouve cette allusion dommage car même si elle s'inscrit dans un contexte historique, il y a selon lui une réelle ambiguïté. Il n'accepte pas d'entendre ce terme sur une radio publique pour caractériser la population allemande.

Position de l'annonceur

L’annonceur a commencé par souligner que rien n’effacera le souvenir tragique de deux guerres épouvantables mais que la part des choses a été faite depuis longtemps : la folie nazie ne représentait pas le peuple allemand et les crimes de guerre ou contre l’humanité ne concernaient pas toute son armée dans un contexte de guerre dont la folie entraine toujours les pires horreurs.

Il a ensuite communiqué que les guerres façonnent l’Histoire et sont déterminantes pour de nombreuses familles, entreprises et nations. Au sein de la brasserie Dubuisson, les deux guerres mondiales ont imprimé des marques indélébiles. Personne n’a oublié non plus l’esprit de résistance dont ont fait preuve certains aïeux mais cela ne les rend pas antiallemands. La page a été si bien tournée qu’elle n’apparaît plus désormais que dans le livre de leur propre histoire.

L’annonceur a précisé que c’est ce livre, cette histoire familiale, que les campagnes radiophoniques racontées avec brio par Stéphane Bern ont voulu retracer. Il a sélectionné quelques moments clés et les a mis en scène, de la façon la moins romancée possible mais bien sûr en soignant la narration pour que les auditeurs aient envie d’écouter et pour que le message diffusé soit plus plaisant qu’ennuyeux, même s’il se veut d’abord informatif.

D’où le choix de Stéphane Bern, passeur d’histoires respecté et talentueux et le parti pris, avec lui, de faire vivre les moments choisis comme des mini-reconstitutions d’époque pour que chaque auditeur puisse se projeter et rentre dans l’ambiance du message.

Sur le sujet spécifique du terme employé, l’annonceur ne veut certainement pas encourager ce genre d’attitude et son intention n’est évidemment pas de heurter des sensibilités.

Il a voulu rendre l’époque et l’époque était à la guerre, aux tensions, aux caricatures abjectes. Et il n’était pas question de gommer ces pans si importants de notre histoire. Le mot « boches » traduit la réalité du moment, du moins la réalité vue par tous ceux qui, activement ou passivement, résistaient à l’envahisseur. Tous ceux-là disaient ou du moins pensaient « boches », pas « Allemands ». La motivation sémantique était seulement la cohérence. Si cela a pu raviver quelques plaies, il en est navré et présente ses sincères excuses.

Décision du Jury

Le Jury a constaté que le spot radio évoque une situation historique (« Eté 1917, les Allemands réquisitionnent tous les cuivres pour en faire des munitions. ») et que dans ce contexte, on entend la voix d’un homme incarnant Clovis Dubuisson qui veut défendre sa brasserie et qui dit : « Les cuves elles sont faites pour brasser de la bière pas pour armer les boches. ».

Le Jury est d’avis que le spot radio met ainsi en scène une période de l’histoire, à savoir la première guerre mondiale, période où le terme « boches » était utilisé pour désigner les Allemands en tant qu’occupants pendant la guerre.

Le Jury est d’avis que l’utilisation du terme « boches » dans la publicité ne vise donc aucunement la population allemande en général et ne se situe pas dans un contexte actuel.

Vu le cadre historique qui apparaît clairement dans le spot, le Jury a estimé que la publicité n’est pas de nature à dénigrer les Allemands et ne cautionne pas de discrimination fondée sur la nationalité ni ne porte atteinte à la dignité humaine.

A défaut d’infraction aux dispositions légales et autodisciplinaires, le Jury a estimé n'avoir pas de remarques à formuler sur ce point. 

Suite

A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.