BRAINE-L'ALLEUD - 28/08/2008

Annonceur: 
BRAINE-L'ALLEUD
Produit/Service: 
Campagne de sensibilisation contre les déversements clandestins
Média: 
Affichage
Critères d'examen: 
Responsabilité sociale
Décence et bon goût
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Autres biens et services
Type de décision: 
Pas de remarque
Date de clôture: 
Jeudi, 28 août 2008
Description de la publicité

Une affiche, avec comme titre “Mais qui est ce salopard? », montre des détritus abandonnés dans la nature avec en arrière plan une ville. En dessous figurent les mentions suivantes : « Dépôts sauvages : stop ! – Contactez l’éco-conseillère au 02.386 05 76 – Commune de Braine -L’Alleud »

Motivation de la plainte

Il se peut qu’il y ait des dépôts clandestins mais cela ne justifie pas le vocabulaire utilisé dans la publicité. Le terme « salopard » est vulgaire. Il s’agit d’un style nouveau qui, certes, accroche mais choque. Comment justifier un tel langage aux enfants ?

Le plaignant a également fait savoir que tout son quartier était disposé à agir contre ladite publicité.

Position de l'annonceur

L’annonceur a précisé qu’il s’étonne qu’une plainte soit notifiée si tard alors que cette campagne d’affichage a provoqué de larges échos dans la presse dès son lancement en mai 2008. Par ailleurs, il a soulevé un déclinatoire de compétence du JEP. Selon lui, la campagne visée ne délivre pas un message publicitaire mais un message de sensibilisation citoyenne. Ses objectifs ne sont aucunement de faire valoir l’image de l’administration de la commune en question ou d’inciter à la vente d’un produit ou service quelconque, mais bien de viser à changer les comportements de quelques citoyens irrespectueux de notre environnement. Concernant l’utilisation du terme « salopard » mis en cause dans la plainte, l’annonceur a précisé qu’un rapide examen des dictionnaires courants de la langue française permet de conclure que ce nom est qualifié, différemment selon les ouvrages, de familier, populaire, mais certainement pas d’injure. L’annonceur a communiqué certains extraits de ces ouvrages. Lors de la conception de l’affiche, l’annonceur a volontairement opté pour une connotation familière, son but étant de créer une relation de proximité entre les citoyens et l’administration dans son combat quotidien. Selon l’annonceur, si le terme « salopard » utilisé dans le slogan a pu choquer certaines personnes, c’est donc une question de sensibilité. Car il correspond parfaitement à la cible visée par la campagne, à savoir « un individu sans scrupule qui agit envers autrui d’une façon ignoble » (cfr Le petit Larousse illustré 2007 »). La Commune a jugé, en toute conscience, qu’un message fort devait être délivré aux citoyens, à l’image de l’exaspération des Brainois responsables, qui subissent et qui paient les actes de quelques personnes inciviques, et qui se plaignent quotidiennement auprès du service environnement de la Commune pour dénoncer ces dépôts clandestins. Enfin, l’annonceur s’est interrogé quant à savoir si une unique plainte est significative, compte tenu de 38.000 habitants. Les échos positifs émanant de nombreux citoyens poussent à penser le contraire à l’annonceur et le conforte dans sa conviction que le caractère direct et percutant du message a été compris et accueilli favorablement par la plupart des Brainois qui condamnent les dépôts sauvages avec la même véhémence que la Commune.

Décision du Jury

D'emblée, le Jury a confirmé sa compétence dans ce dossier. Le Jury est compétent tant pour la publicité non commerciale que pour la publicité commerciale. Le public ne fait pas la distinction entre publicité commerciale et non-commerciale. La réputation de la publicité est également influencée par la publicité non commerciale et les médias utilisés sont les mêmes.

Ensuite le Jury a constaté que le mot « salopard » est un vieux mot de la langue française qui est utilisé dans ce contexte pour sensibiliser les citoyens irrespectueux. Le Jury a estimé que dans ce contexte, l’utilisation de ce mot n’est pas de nature à choquer la majorité du public.

A défaut d’infraction aux dispositions légales et autodisciplinaires, le Jury a estimé n’avoir pas de remarques à formuler.

A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.