BEOBANK - 16/09/2016

Annonceur: 
BEOBANK
Produit/Service: 
Carte de crédit Beobank Club
Média: 
Télévision
Critères d'examen: 
Responsabilité sociale
Représentation de la personne/dignité humaine
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Finance et assurances
Type de décision: 
Pas de remarque
Date de clôture: 
Vendredi, 16 septembre 2016
Description de la publicité

Le spot TV, qui commence par un écran avec le texte « Flash météo », montre une présentatrice météo, soumise à un vent violent, devant la carte de la Belgique.
Elle annonce : « Mesdames et Messieurs, bonjour, des vents violents sont attendus sur l’ensemble de la Belgique. Ceux-ci atteindront une vitesse de 200 km/h dans le Sud du pays ».
A ce moment-là, le vent arrache ses vêtements et elle se retrouve en sous-vêtements. Elle se couvre avec ses mains et regarde gênée à droite et à gauche.
La VO dit entre autres : « Pourquoi sortir si vous pouvez faire votre shopping online ? »
On voit ensuite un homme rejoindre la présentatrice pour prendre un selfie avec elle. Celle-ci prend alors la pose avant de se couvrir à nouveau avec ses mains.

Motivation de la plainte

Pour le plaignant, le contenu de cette publicité est totalement absurde. Tout d'abord, montrer une femme en petite tenue pour vendre des produits banquiers n'a absolument aucun lien.
Ensuite, il a du mal à comprendre le lien entre bulletin météo - banque et femme à moitié nue.
Le plaignant souligne ensuite qu’à la fin de la publicité, la femme se cachant tant bien que mal avec ses mains est rejointe par un homme (habillé bien évidemment) qui sort son téléphone portable pour se prendre en selfie avec elle et qu’elle prend volontiers la pose nous gratifiant en plus d'un "duckface". Il trouve qu’il s’agit d’une image dégradante pour la femme.

Position de l'annonceur

L’annonceur a communiqué que la carte de crédit Beobank Club est promue en partenariat avec IP Belgium, régie publicitaire des chaines de RTL, et a expliqué, ainsi que le plaignant le demande, le sens de la publicité.

La carte Beobank Club possède comme avantage principal d’offrir à ses titulaires des réductions allant jusqu’à 5% sur leurs achats effectués online. Ainsi, face à une météo épouvantable par exemple, les consommateurs auront la possibilité de bénéficier des avantages de la carte en faisant leurs achats sans avoir à quitter leur domicile.

C’est là tout le ressort créatif de la campagne. Trois spots TV ont été réalisés qui montrent, en effet, une “présentatrice météo” affronter, jusque dans le studio où elle officie, les caprices du climat : une tempête dans l’un, des orages dans l’autre, un froid extrême dans le troisième. Pour l’annonceur, l’idée de pasticher un bulletin météo s’imposait d’elle-même à partir du moment où il souhaitait faire sourire le téléspectateur en s’inspirant de programmes quotidiens et récurrents de chaines télévisées, au nombre desquelles figure le service RTL-TVi.

La vision de l’ensemble de ces spots - les téléspectateurs de RTL-TVi les découvriront tous les trois dans la même pondération - devrait relativiser la portée de la plainte selon lui : il n’a jamais été dans son intention de “donner une image dégradante de la femme”. Ce serait totalement contraire à ses valeurs.

L’ambition n’était que de faire sourire en exagérant les effets du vent, de la foudre et du froid glacial sur un individu, homme ou femme, soumis aux forces de la nature. Le trait est certes forcé, entertainment oblige, mais reste bon enfant.

Quant au selfie décalé qui reste dans le ton général du spot, celui-ci a été voulu par l’agence de publicité afin de correspondre au mieux avec la cible du produit, à savoir les jeunes.

Alors, “absurdes”, ces spots ? Oui, mais certainement pas dans le sens où le plaignant l’entend. Absurdes, simplement, comme des spots à l’humour décalé dont la publicité est si souvent friande.

Décision du Jury

Le Jury a pris connaissance du spot TV et des différents éléments de la plainte qui s’y rapporte.

Le Jury a constaté que l’annonceur a opté pour le pastiche d’un bulletin météo pour illustrer le fait que le consommateur peut bénéficier des avantages de sa carte de banque en faisant ses achats en ligne, sans devoir subir les affres de la météo. Le Jury est dès lors d’avis que mettre en scène une présentatrice météo qui subit un vent violent dans le spot en question (et un orage ou le froid dans les deux autres spots de la campagne) n’est pas déplacé et présente un lien avec le message de l’annonceur.

Le Jury est également d’avis que c’est le bulletin météo simulé, avec sa mise en scène clairement exagérée, qui constitue le fil conducteur de la publicité, sans que l’accent soit uniquement mis sur la femme en général ou sur sa petite tenue.

Il a ensuite constaté que la manière dont la femme se laisse prendre en photo avec l’homme qui arrive sur le plateau est typique des selfies circulant sur les réseaux sociaux. Le Jury a également noté, suite à la réponse de l’annonceur, que celui-ci a ainsi voulu toucher son public cible, les jeunes. Le Jury a estimé que le consommateur moyen y verra plus un clin d’œil humoristique qu’une image de nature à dénigrer la femme.

Le Jury a dès lors estimé que la publicité ne porte pas atteinte à la dignité de la femme et n’est pas non plus contraire aux Règles du JEP en matière de représentation de la personne.

A défaut d’infractions aux dispositions légales ou autodisciplinaires, le Jury a estimé n’avoir pas de remarques à formuler sur ces points.

Suite

A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.