BELLE-ILE EN LIEGE - 20/09/2006

Annonceur: 
BELLE-ILE EN LIEGE
Produit/Service: 
Shopping Center
Média: 
Télévision
Critères d'examen: 
Responsabilité sociale
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Autres biens et services
Type de décision: 
Recommandation de suspension aux médias
Date de clôture: 
Mercredi, 20 septembre 2006
Description de la publicité

Un spot TV montre un homme au visage inquiet. Il se promène sur un trottoir avec un sac en papier plein de courses, dans les mains.
Voix masculine : « Et alors, on va faire du shopping? Et… vous n'êtes pas très à l'aise ? »
Voix féminine : « Au centre commercial Belle-Ile en Liège, vous êtes en sécurité. La galerie et le parking sont surveillés en permanence. »

Ensuite, nous voyons le logo de Belle-Ile en Liège, un panneau de signalisation ayant la forme d'une flèche portant l'inscription « SECURITE », les coordonnées et l'accessibilité, ainsi que la phrase suivante « galerie et parking surveillés ».

Motivation de la plainte

Cette publicité est une exploitation et un renforcement du sentiment dominant d'insécurité, digne d'une campagne du Vlaams Belang ou du Front National. Un tel message est gênant, et ce d'autant plus que des études ont montré que la création des shopping centers engendre un dépeuplement des centres villes existants, ce qui a pour conséquence une inoccupation et un sentiment d'insécurité plus élevé dans les villes.

Position de l'annonceur

L'annonceur a fait valoir que le spot fait partie d'un ensemble de 4 spots TV mettant en avant les points forts justifiés et réalistes du centre commercial (que chaque centre commercial met d'ailleurs en avant) :
-shopping couvert
-parking gratuit et spacieux
-propreté accrue
-sécurité renforcée.
Ces 4 points expriment purement et simplement la réalité. Il a souligné que le plaignant l'associe injustement au Front National ou au Vlaams Belang. Le spot ne critique en rien les concurrents, ni les centres villes en général, ni ne renforce le climat d'insécurité régnant à Liège. La réalité est là et cette démarche est d'ailleurs reprise telle quelle et renforcée par la campagne publicitaire du MR.
Il a considéré que sa publicité est conforme d'un point de vue légal et ne va nullement à l'encontre des codes professionnels et sectoriels. Elle est purement promotionnelle de ses points forts, essence même de toute publicité. Il a expliqué que la démarche n'est pas de renforcer la réalité d'insécurité régnant à Liège et dans d'autres villes wallonnes, mais bien plus de sécuriser raisonnablement et pratiquement les personnes voulant effectuer leur shopping dans une entité comptant plus de 10 gardes Securitas avec surveillance caméra complète sur tout le site. Sa démarche accompagne les lignes de forces générales que les autorités wallonnes et probablement flamandes, veulent mettre en place, autorités avec lesquelles il collabore étroitement. Pour conclure, il a fait valoir que sa publicité ne renforce en rien la réalité d'insécurité existante, par contre elle souligne le résultat positif de la politique de sécurité qu'il mène avec les autorités depuis plusieurs années. Enfin, il a souligné son impartialité politique et le fait que ces campagnes sont présentées préalablement au conseil de gérance constitué par les commerçants qui ont également des enseignes dans les centres ville.

Décision du Jury

Le Jury a constaté que le spot en question met en scène une personne qui n'est clairement pas à son aise pour ensuite mettre en valeur l'élément sécurité du centre commercial Belle-Ile. Le Jury a estimé que ce spot exploite sans raison le sentiment de peur, ce qui est contraire aux articles 1, alinéa 2 et 4 du Code de la Chambre de Commerce Internationale et aux articles 1er et 4 du code d'éthique de la publicité (CSA).
En conséquence, le Jury a recommandé à l'annonceur de ne plus diffuser ce spot en question.

Le Jury a par ailleurs attiré l'attention de l'annonceur sur le fait que le caractère sécuritaire peut être mis en valeur d'une façon positive, sans pour autant jouer sur la peur.

Les différents spots de la campagne sont examinés séparément dans la mesure où les consommateurs qui prennent connaissance d'un spot spécifique ne sont pas nécessairement informés des autres spots qui font partie de la même campagne.
Il a estimé n'avoir pas de remarques à formuler quant aux autres spots.

A défaut de réponse positive de l'annonceur, le Jury a recommandé aux media de suspendre la diffusion de cette publicité, conformément à l'art. 16 de son règlement.