BEBAT - 25/11/2019

Annonceur: 
BEBAT
Produit/Service: 
Collecte de batteries
Média: 
Télévision
Critères d'examen: 
Responsabilité sociale
Initiative: 
Consommateur
Catégorie: 
Autres biens et services
Type de décision: 
Avis de réserve
Date de clôture: 
Lundi, 25 novembre 2019
Description de la publicité

Le spot se déroule dans un parc et montre successivement dans sa version longue :  
• deux filles assises sur un banc - une fille écoute de la musique et partage son oreillette avec son amie ; 
• une joggeuse qui perd son pull - un autre joggeur le ramasse et le lui donne ; 
• une mère avec une poussette qui a besoin d'aide pour monter les escaliers - un skateur l’aide ; 
• un garçon dont le drone-jouet est coincé dans les branches d'un arbre - un homme le retire de l'arbre. 

À la fin, on voit quelqu'un déposer des piles dans un point de collecte de Bebat. 
Voix off : « Un petit geste peut faire toute la différence. Pour la nature aussi, il y a des gestes qui font la différence. Comme ramener vos piles et batteries usagées. Vous trouverez la liste de nos points de collecte sur bebat.be. Bebat. Recyclez ensemble, c’est mieux pour la nature. »  

La campagne contient également des versions plus courtes du spot, notamment une version ne contenant que la situation avec le drone. 

Motivation de la plainte

Le plaignant a communiqué que la vidéo montre un comportement interdit par la loi et pousse le spectateur à enfreindre la loi. Selon lui, elle banalise une attitude particulièrement irresponsable et dangereuse : un enfant d'une dizaine d'année télépilote un drone dans un lieu public, peuplé de personnes et d'obstacles.  
Il a également communiqué qu’à titre récréatif, le drone ne peut être utilisé qu'en propriété privée à une altitude inférieure à 10 mètres. Pour opérer un drone en lieu public comportant des personnes et des obstacles comme ceux montrés dans la vidéo, le pilote doit être âgé de plus de 18 ans, porteur d'une licence de classe 1, couvert par un manuel d'exploitation authentifié par la DGTA et le vol doit être notifié ou faire l'objet d'une dérogation.  

Position de l'annonceur

L'annonceur a communiqué que la situation avec le drone n'est utilisée que symboliquement pour évoquer une situation dans laquelle un garçon a besoin d'aide et où quelqu'un propose spontanément de l'aide - un petit geste. Le drone a été choisi comme jouet moderne et contemporain, reconnaissable pour les familles avec des enfants plus âgés car il veut également s'adresser à ce groupe cible.  
Selon lui, le spot télévisé n'appelle à aucun moment et dans aucune version à l'utilisation d'un drone ou n'incite à l'utilisation (fautive ou non) d'un drone. 
Il n'a pas non plus l'intention, en tant qu'annonceur, de s'exprimer de manière positive ou négative sur l'utilisation d'un drone ou de conseiller ou de décourager les consommateurs d'utiliser un drone. En tant qu'annonceur, il part du principe que lors de l’utilisation d’un drone, il appartient au consommateur d'utiliser correctement cet appareil en suivant le mode d'emploi de celui-ci et en tenant compte de toute législation applicable.  
Il a ensuite fait valoir que pour le spot télévisé, un drone-jouet pesant moins d'un kilo avait été utilisé. Selon lui, les règles mentionnées dans la plainte s'appliquent uniquement aux drones de classe 1 et de classe 2 - et non aux drones récréatifs ou aux drones-jouets.   
De plus, il est d’avis que la manière dont le drone a été utilisé dans le spot télévisé ne contrevient à aucun moment à la législation belge sur les drones, en se référant notamment aux règles suivantes :   

1. Le drone ne peut être utilisé qu'à des fins récréatives et sa masse maximale au décollage est limitée à moins de 1 kg : selon lui, il s'agit ici clairement d'un drone-jouet pesant moins de 1 kg.  
2. Le drone ne doit pas voler à plus de 10 m du sol : il a communiqué que ceci est le cas dans le spot - sinon un homme de 2 mètres ne pourrait pas sortir le drone de l'arbre.   
3. Le vol ne peut avoir lieu qu'au-dessus d'un terrain privé. S'il ne s'agit pas de votre propre terrain privé, vous devez obtenir l'autorisation du propriétaire : il a affirmé qu'il a bien obtenu la permission d'utiliser le drone sur ce terrain.   

Décision du Jury

Le Jury a pris connaissance de la publicité en question et de la plainte qui la concerne. 

Il a constaté que les spots se déroulent dans un parc public et montrent entre autres un garçon dont le drone-jouet est coincé dans les branches d'un arbre et un homme qui le retire ensuite de cet arbre. 

Suite à la réponse de l'annonceur, il a noté que le drone en question est un drone-jouet de moins d'un kilo qui n'est pas soumis aux règles applicables aux drones de classe 1 et de classe 2 mais dont l'utilisation dans un but récréatif est soumise à des restrictions relatives à une utilisation privée, telles que voler à une hauteur maximale de 10 mètres au-dessus du sol et uniquement au-dessus d'un terrain privé, l'autorisation du propriétaire étant requise si ce n'est pas son propre terrain privé. 

En ce qui concerne ce dernier point, le Jury est d’avis qu’on ne peut déduire des spots que cette condition aurait été remplie dans le chef du garçon présenté comme pilote du drone et que l’utilisation montrée devrait donc être considérée, au sens strict, comme une utilisation privée illégale. 

Cependant, suite à la réponse de l'annonceur, il a également pris bonne note du fait que celui-ci n'utilise la situation avec le drone que symboliquement pour évoquer une situation où un garçon a besoin d'aide et où une autre personne offre spontanément de l'aide et qu'en tant qu'annonceur il n'a nullement l'intention de se prononcer de manière positive ou négative sur l'utilisation d'un drone ou de conseiller ou décourager les consommateurs d'utiliser un drone. 

Le Jury est d’avis que cette idée ressort également clairement des spots et que ceux-ci n’encouragent notamment pas l’utilisation - fautive ou non - d’un drone. 

Dans ce contexte, le Jury est tout d’abord d'avis que les spots en question ne cautionnent ou n'encouragent pas un comportement illicite ou dangereux et ne témoignent donc pas d’un manque de juste sens de la responsabilité sociale de la part de l’annonceur sur ce point. 

Néanmoins, le Jury est d'avis qu'il est inapproprié d'utiliser le comportement contestable en question dans le contexte d'un message publicitaire qui se veut réaliste. 

Compte tenu de ce qui précède, le Jury a estimé devoir formuler un avis de réserve conformément à l’article 1 de son règlement et en appelle à la responsabilité de l’annonceur.  

Un avis de réserve implique que l’annonceur est libre concernant la suite qu’il donne à cet avis. 

Suite

L’annonceur a communiqué qu’il a décidé de ne plus utiliser pour les campagnes futures les versions de 15 secondes du spot, où on ne voit que le drone.