ADECCO - 16/07/2001

Annonceur: 
ADECCO
Produit/Service: 
Travail Intérimaire
Média: 
Télévision
Critères d'examen: 
Représentation de la personne/dignité humaine
Initiative: 
Consommateur
Autre
Catégorie: 
Emploi
Type de décision: 
Recommandation de suspension aux médias
Date de clôture: 
Lundi, 16 juillet 2001
Description de la publicité

Le spot TV montre un dirigeant d'entreprise très corpulent aux rondeurs adipeuses qui, pour séduire une jeune candidate à l'emploi, effectue un strip-tease provoquant et quasi-complet sur son bureau, le contrat de travail étant, à la fin , placé entre ses jambes. Slogan « Ne vous laissez pas séduire trop vite ».

Motivation de la plainte

La publicité est considérée comme avilissante et choquante, de mauvais goût, vulgaire, portant atteinte à la dignité humaine et à la morale, scandaleuse vis-à-vis des enfants, etc.

Décision du Jury

Après examen et compte tenu de nombreuses réactions négatives reçues, le Jury a estimé que les images portent atteinte à la dignité humaine, notamment en montrant un comportement sexuel inopportun sur le lieu de travail, ce qui est contraire à l'art. 2 du code de la CCI et aux dispositions des décrets sur l'audiovisuel en Communautés Française et Flamande relatives au respect de la dignité humaine. Il a également considéré que pareille publicité n'était pas conforme à ses recommandations concernant la représentation de la personne humaine dans la publicité, l'humour ne permettant pas de ne pas tenir compte des règles de l'éthique publicitaire. Le Jury a dès lors recommandé l'arrêt de la campagne.
L'annonceur a fait valoir que le spot sous forme de satire où il n'y a pas encore de relation de travail, ne portait pas atteinte à la dignité humaine et renversait les rôles des clichés sexistes traditionnels, la différence avec d'autres spots qui montrent des personnes nues étant l'âge et le poids de l'acteur et le message n'étant pas conforme aux théories selon lesquelles le corps humain qui ne correspond pas aux normes de perfection doit être considéré comme choquant et donc socialement dangereux. Il a demandé le retrait de la recommandation.
Après avoir entendu les arguments de l'annonceur qui a fait état du jugement en référé obligeant la RTBF à diffuser le spot et compte tenu d'un nombre exceptionnellement élevé de plaintes (165 plaintes et 2 pétitions réunissant 168 signatures), dont beaucoup se réfèrent à une atteinte à la dignité humaine, le Jury a décidé, sur le plan éthique et conformément à l'art. 1 de son règlement, de maintenir sa recommandation d'arrêt. L'annonceur n'y ayant pas réservé une suite favorable, le Jury a adressé une recommandation de suspension aux média. Compte tenu du jugement contre lequel appel a été interjeté, cette recommandation a été faite sous condition suspensive de l'arrêt de la Cour d'Appel. En d'autres termes, il a été demandé aux media de tenir en suspens la recommandation du Jury jusqu'au jugement en appel.