PLATEFORME PREVENTION SIDA – 15/07/2009

Description de la publicité

Il y a 3 spots TV qui ont la même structure.

1) Le spot montre deux garçons qui s’embrassent en entrant dans une chambre. Ils enlèvent leur T-shirt et ils tombent sur le lit. Le garçon qui est au-dessus montre une chaussette et l’autre garçon répond : « mais oui, évidemment ». Puis les garçons s’embrassent de nouveau.

2) Le spot montre un couple en train de s’embrasser. Ensuite, la fille prend son GSM pour envoyer un message. Un peu plus tard le GSM du garçon sonne. Il se lève pour lire le message.

3) Le spot montre un couple qui s’embrasse dans des toilettes. À un certain moment la femme dit “peau de” et l’homme répond “banane”. Après, ils recommencent à s’embrasser.

On voit ensuite le texte : « Le préservatif, parlez-en comme vous voulez, mais parlez-en.». En bas, il y a en petites lettres : « le nombre de cas d’IST augmente chaque année. Protège-toi, Protège les autres. »
Après, on voit un écran noir avec 3 préservatifs et le texte : « Inventez votre manière d’en parler sur www.preventionsida.org » et le logo. Puis, on voit le logo de la Communauté française et le texte : « La santé en Communauté française ».

Motivation de la plainte

Le plaignant trouve que ces spots TV sont abjects, d’une vulgarité sans nom et montrent à quel point certains publicitaires tombent dans la déliquescence la plus totale.

Sans mettre en cause la nécessité d'information et de la prévention sida, le plaignant trouve la forme de la campagne totalement choquante et le spot qui "met en scène 2 jeunes gays" d'un "cru" de très mauvais goût. De plus elle est diffusée à des heures où de jeunes enfants regardent la télévision.

Position de l'annonceur

L’annonceur a précisé que la Plate Forme Prévention Sida est une asbl financée par le Ministère de la Santé de la Communauté française et dont la mission est de soutenir la concertation des acteurs de la prévention des Ist/Sida dans le cadre de la mise sur pied des programmes de prévention à l'attention du public général et des jeunes en particulier, et d'assurer la réalisation concrète de ces programmes.

Dans ce contexte, la campagne "Le préservatif. Parlez-en comme vous voulez mais parlez-en" a été réalisée avec la collaboration de plus de 80 jeunes et d'une trentaine de structures de la promotion de la santé en Communauté française : tous ces partenaires ont été associés à la construction de la campagne (du début à la toute fin: discussion sur les stratégies, les messages, le contenus, pré tests, ...) ce qui permet d'assurer une cohérence avec les réalités de terrain. La campagne s'adresse aux jeunes âgés de 15 à 25 ans, avec trois sous publics : les jeunes hétérosexuels belges, les jeunes hétérosexuels d'origine étrangère et les jeunes homosexuels.

Le choix de ces publics s'est basé sur
les données épidémiologiques : en 2008 : 1078 nouveaux cas de VIH ont été diagnostiqués. Il s'agit du nombre le plus élevé enregistré depuis le début de l'épidémie. Cela signifie que 3 personnes sont diagnostiquées séropositives au VIH par jour en Belgique.
Le mode de contamination le plus important, chez nous, est le contact hétérosexuel mais on assiste à une augmentation importante du nombre de contaminations par voie homosexuelle, surtout chez les jeunes gays : 3 hommes séropositifs belges sur 4 ont été contaminés lors de contacts homosexuels.
On assiste aussi à une augmentation des autres infections transmissibles depuis le début des années 2000, également chez les homosexuels.
La prévention est donc toujours d'actualité.
des critères de vulnérabilités : si l'on se concentre sur le public des jeunes gays, ce public est particulièrement vulnérable au VIH (construction de l'identité sexuelle, acceptation de soi, rejet de l'entourage, ...).

L’annonceur se réfère au dossier de presse qui présente la campagne et notamment ses objectifs : entre autres celui relatif à la promotion de l'utilisation du préservatif lors de relations sexuelles : afin de faciliter la compréhension du message, il est logique de mettre en scène des prémisses de relations sexuelles, tout en identifiant les différents publics cibles. Cet aspect "concret" est d'ailleurs une demande des jeunes avec qui la campagne a été construite.

L’annonceur a communiqué qu’avant tout passage en TV, les campagnes sont approuvées par :
- la Commission audiovisuelle du Conseil Supérieur de Promotion de la Santé : deux passages (un sur base d'un scénario, l'autre une fois que les spots sont réalisés et avant la diffusion);
- la Ministre de la Santé en Communauté française;
- la Ministre de l'Audiovisuelle en Cf.

L’annonceur est d’avis qu’afin de sensibiliser le plus grand nombre de personnes, et notamment les publics spécifiques ne fréquentant pas leur réseau identitaire, l'utilisation des canaux de communication de masse, comme la TV, est importante. Ceci contribuera aussi sans doute à une meilleure intégration de ces publics dans la société en général.

L’annonceur a noté que le contexte politique et social belge et européen tend vers une égalité entre le public hétérosexuel et le public homosexuel. Pour rappel, notre pays reconnaît le mariage entre personnes de même sexe ainsi que le droit à l'adoption pour les couples de même sexe : il n'y a donc pas lieu de traiter différemment le public gay, notamment dans son accès à l'information sur la prévention du sida.

Pour finir l’annonceur a précisé que les spots reflètent aussi la liberté d'expression, ne sont pas diffamatoires et ne portent pas atteinte aux bonnes moeurs : leur objectif est de réduire le nombre de nouvelles infections par le VIH, dans un contexte de banalisation de la maladie et où celle-ci reste une maladie mortelle et souvent liée à des situations de rejet et de discriminations.

Décision du Jury

Le Jury a constaté que les différents spots mettent en scène des couples lors de prémisses de relations sexuelles, respectivement des hétérosexuels et des homosexuels. Les intervenants sont habillés. A la fin de chaque spot apparaît le texte « Le préservatif, parlez-en comme vous voulez, mais parlez-en».

Le Jury a constaté qu’il n’est pas d’emblée clair que les spots traitent de l’utilisation du préservatif mais que cela devient évident lors de l’appartion du message textuel. On ne voit en effet pas de préservatif dans la mise en scène mais uniquement à la fin du spot.

Compte tenu du fait que le but poursuivi est de s’adresser à des jeunes pour leur faire directement et clairement comprendre qu’ils doivent adopter un comportement responsable, à savoir utiliser un préservatif lors de relations sexuelles, le Jury a estimé qu’il était justifié d’utiliser des images de prémisses de relations sexuelles.

En ce qui concerne l’heure de diffusion, le Jury n’a pas formulé de remarque. Il a noté que le but est de toucher un public cible composé de jeunes de 15 à 25 ans.

A défaut d’infraction aux dispositions légales et autodisciplinaires, le Jury a estimé n'avoir pas de remarques à formuler.

A défaut d’appel, ce dossier a été clôturé.

Annonceur:PLATEFORME PREVENTION SIDA
Produit/Service:Préservatif
Média:TV
Initiative:Consommateur
Catégorie:Santé
Type de décision:Pas de remarques
Date de clôture: 15/07/2009